le citoyen veilleur

Le meilleur des mondes

 

 

Aldous Huxley

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, l’on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limitée et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il es bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.
 
Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »
 
Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes (1932)

 

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02 juillet 2018

La lumière du N.O.M.

La lumière du N.O.M.

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Mais non c’est pas nous !

Pourtant l’étau se resserre – Ben Rhodes admet qu’Obama armait les djihadistes en Syrie…

***

Nouvel Ordre Mondial : Al Qaïda et l’EIIL créés par l’empire (Harvard)

Un chercheur de Harvard explique comment les États-Unis ont créé Al Qaïda et le groupe terroriste de l’EIIL / Daesh

C’est assez fascinant de constater à quel point la conscience planétaire a changé en l’espace de ces quelques cinq dernières années et ceci ne s’est pas produit sur juste un sujet, mais dans bien des domaines allant de la santé à la géopolitique et tout ce qu’on peut trouver entre les deux.

Les gens sont vraiment en train de se réveiller et de voir au travers de la masse de la propagande et des mensonges qui nous sont continuellement apportés par les médias sur les sujets globaux et autre domaines englobant tous les aspects de l’humanité.

Connu pour être le “père de la relation publique”, Edward Bernays (NdT : neveu de Sigmund Freud) le résume assez bien :

La manipulation consciente et intelligente des habitudes et des opinions organisées des masses est un élément important de la société démocratique. Ceux qui manipulent de mécanisme invisible de la société constituent un gouvernement invisible qui est le véritable pouvoir de notre pays. Nous sommes gouvernés, nos esprits sont formatés, nos goûts façonnés, nos idées suggérées, essentiellement par un groupe de personnes dont nous n’avons jamais entendu parler.” — Propaganda, 1928

Ce grand “réveil” dont je parle est devenu évident alors que des mots comme “État profond”, “terrorisme faux-drapeau” sont devenus des lieux communs de la rhétorique publique médiatique, des politiciens internationaux y faisant même souvent référence. Prenez le président russe Poutine par exemple qui a dénoncé en de multiples occasions l’alliance militaire occidentale et ses menaces “magiques”, “mythiques” qu’elle crée pour justifier son action politico-économique et ses sanctions et interventions dans de nombreux pays pour en fait d’autres motifs. Un autre exemple serait comment le président syrien Bachar al Assad a dénoncé Donald Trump pour n’être qu’un autre outil de l’État profond états-unien. Cette reconnaissance de “l’État profond” est énorme car de nombreux présidents américains ont essayé d’en informer le public au cours des dernières décennies.

L’ancien président Theodor Roosevelt fut un de ceux qui essaya de nous prévenir que les deux partis politiques US avaient dérogé de leur objectif initial et qu’au lieu que la politique soit un outil pour promouvoir le bien public des masses, “ils sont les outils d’intérêts corrompus qui les utilisent pour assouvir leurs propres intérêts. Derrière ce gouvernement de façade, siège, trône un gouvernement invisible, n’ayant aucune responsabilité ni allégeance de quelque sorte que ce soit envers le peuple.” (source)

L’idée que les gouvernements ne représentent en rien leur peuple et que ceci n’est pas nouveau est devenu évident aujourd’hui. Pour nous, à Collective Evolution, c’est fascinant parce que nous avons écrit et dénoncé cet état profond depuis des années (NdT : de la même manière pour nous à Résistance 71) et avoir maintenant des figures de la politique en parler ouvertement fait définitivement se poser des questions.

Le meilleur exemple (moderne) de terrorisme faux-drapeau pourrait bien être les attentats du 11 septembre 2001 ainsi que les récentes attaques chimiques ayant eu lieu en Syrie. Est-ce que l’élite mondialiste fomente et perpétue ces évènements en le blâmant sur quelqu’un d’autre pour justifier les actions qu’ils ont décidé de prendre ? Est-ce que tout ce qu’on nous dit et ce que nous connaissons sur le terrorisme et la menace sur la sûreté de l’État est fondé sur de fausses assertions ?

La Syrie et l’histoire de la Syrie est un excellent exemple, le document intitulé “Syria: Scenarios of Dramatic Political Change,” a été écrit en juillet 1986 par le Foreign Subversion and Instability Center, partie du Mission Center for Global Issues de la CIA. Il déclare sa mission être : “d’analyser un nombre possible de scénarios pouvant mener à l’expulsion du président Assad ou tout autre changement politique d’importance en Syrie.” Bien que le document ait 25 ans d’âge, il montre que les États-Unis planifient d’infiltrer et d’influencer la Syrie afin de créer un changement utile à leurs intérêts, cela remonte à plus de 30 ans..

Le document vient aussi avec des témoignages de gens de l’intérieur, comme par exemple le général 4 étoiles Wesley Clark*, ancien chef des opérations de l’OTAN de 1997 à 2000. Celui-ci a déclaré dans un entretien avec Democracy Now! que les USA planifiaient d’envahir 7 pays en 5 ans au Moyen-Orient incluant la Syrie et ce sans aucune raison valide. Il offrait le sentiment des personnes au sein de l’armée américaine que nous avions une “bonne armée” et que nous pouvions “renverser des gouvernements”. Il parla d’un mémo interne du Pentagone qui décrivait comment les États-Unis allaient “renverser 7 pays en 5 ans en commençant avec l’Irak, puis la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et pour finir l’Iran.” (source).

Alors, qui a créé Al Qaïda et l’EIIL ?…

Nous sommes face à face avec la prise de contrôle criminelle à un niveau international.. il y a une guerre ouverte menée par les Etats-Unis et qui peut être menée par quelques pays par procuration qui obéissent aux ordres de Washington… La ‘guerre globale contre le terrorisme’ est une action américaine, une fausse action, basée sur de fausses bases. Elle nous explique que quelque part les Etats-Unis et le monde occidental courent après un ennemi fictif, l’État Islamique, quand cet EI est de fait totalement soutenu et financé par l’alliance militaire occidentale et les alliés des Etats-Unis dans le Golfe Persique,

Cette citation ci-dessus provient d’un économiste canadien, Michel Chossudovsky, professeur émérite de l’université d’Ottawa. Il expliqua tout cela dans une conférence international sur le Nouvel Ordre Mondial qui fut organisée il y a quelques années par la Perdana Global Peace Foundation.

Comme on peut le constater, ce sentiment est partagé par beaucoup et une des dernières voix à abonder en ce sens est celle de Garikai Chengu de l’université de Harvard.

A l’instar d’Al Qaïda, l’EIIL** est made in USA, il est un instrument de terreur fait pour diviser et conquérir le Moyen-Orient riche en pétrole et en hydrocarbures et pour contrer l’influence croissante de l’Iran dans la région. Le fait que les États-Unis ont une très longue histoire de soutien et de création  du terrorisme ne surprendra que ceux qui regardent les JT et ignorent l’histoire.

Un autre excellent point que Chengu établit :

La relation de l’Amérique avec AQ a toujours été une relation de haine et d’amour. Tout cela dépend si un groupe particulier affilié à AQ sert des intérêts américains spécifiques dans la zone où il se trouve. Selon le cas, le ministère des affaires étrangères américain soutien et finance le groupe terroriste ou le fait bombarder. Alors même que les législateurs américains clament s’opposer à l’islam extrémiste, ils le fomente et le développent comme arme de leur politique étrangère.

Il fournit pas mal d’exemples dans son article, demandant aux lecteurs de se rappeler quand la “CIA donna naissance à Oussama Ben Laden et allaita son organisation pendant les années 1980.” Il rappelle brièvement l’ancien ministre britannique des affaires étrangères Robin Cook disant au parlement qu’Al Qaïda “était sans aucune équivoque, un produit des services de renseignement occidentaux.

La vérité est qu’il n’y a pas d’armée islamique ou de groupe terroriste répondant au nom d’Al Qaïda et tout officier de renseignement informé sait parfaitement cela. Mais en revanche, il y a une campagne de propagande pour faire croire au public la présence d’une entité intensifiée représentant ‘le diable’ et ce uniquement pour amener les téléspectateurs à accepter un leadership international unifié pour une ‘guerre contre le terrorisme’. Le pays qui se tient derrière cette campagne de propagande sont les Etats-Unis.” ~ Robin Cook

Aujourd’hui, nous avons de nombreux lanceurs d’alerte qui martèlent ce point précis. Voici par exemple une vidéo de la lanceuse d’alerte du FBI Sibel Edmonds*** sur RT news : video.

Elle est une ancienne traductrice du FBI et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition (NSWBC). Elle a attiré pas mal d’attention sur elle en 2002 après avoir accusé un collègue de couvrir une activité illicite impliquant des citoyens turcs, qui mettaient en cause de sérieux manquements à la sécurité et des activités de camouflage en référence à des informations ultra-confidentielles qui étaient délibérément supprimées. Elle met en évidence le fait que l’EIIL est la création de ceux-là mêmes qui appelle le groupe terroriste.

Un autre exemple récent provient d’Edward Snowden qui publie un tweet de l’assistant professeur Max Abrahms, expert en sécurité internationale, posant la relation entre la CIA et AQ. […]

Snowden a retweeter ceci le 12 septembre, le jour d’après l’anniversaire du 11 septembre.

La soi-disant guerre contre le terrorisme devrait être vue pour ce qu’elle est véritablement : un prétexte pour maintenir une armée américaine dangereusement sur-gonflée. Les deux groupes les plus importants influents sur la politique étrangère américaine sont le lobby israélien qui dirige la politique américaine du Moyen-Orient et le complexe militaro-industriel qui profite de toutes les actions qui en découlent. Depuis que George W. Bush a déclaré cette ‘guerre contre le terrorisme’ en 2001, celle-ci a coûté aux contribuable plus de 6600 milliards de dollars et des milliers de nos jeunes sont tombés pour cette mascarade ; mais cette guerre a aussi engrangé des milliards pour l’élite au sommet de la pyramide américaine.” ~ Garikai Chengu.

Alors que pouvez-vous faire ? En quoi cela change t’il votre vie ?

Le plus intéressant au sujet de ce type d’information est que cela va à contre-courant de l’info des merdias de base et de leur rhétorique usuelle. Dans un monde où l’information est présentée de manière totalement antinomique à la réalité de terrain, que doit donc faire celui qui est intéressé de connaître la vérité ?…

La plupart sait qui sert la soupe les vraies “fausses nouvelles/infos” et cela est spécifiquement intrigant quand on a tant de sources qui vont contre le narratif officiel. Ce qui est encore plus inquiétant est que ce sont les gouvernements qui veulent décider de ce qui est de la “vraie et de la fausse info”, de ce qui est réel et de ce qui est falsifié. Ne devrions-nous pas être capables de faire cela nous-mêmes ?… Ne devrions nous pas mettre notre casque à esprit critique ? Ne sommes-nous pas capable de regarder des sources variées d’information et de faire un choix informé plutôt que de dépendre exclusivement des infos diffusées sur nos écrans de TV avec des gens d’influence manipulant les perceptions et les esprits de la masse des gens ?…

En fin de compte, c’est tout ce qui existe, une guerre pour notre conscience et il est très clair qu’ils ne veulent vraiment pas que nous pensions par nous-mêmes.

Ce type d’info est du style catalyseur “ah ah, mais c’est pourtant bien sûr!”. Plus on commence à voir les choses, et à devenir conscients des réalités et plus cela devient le point de départ de l’action. Regardez ce qu’il s’est produit avec les OGM et l’activisme que cela a engendré, ainsi la vaste majorité de la nourriture OGM parfaitement légale aux États-Unis a été interdite dans bien des pays du monde.

C’est la même chose avec le terrorisme et la guerre en général. Au bout du compte, on nous a lavé le cerveau et on continue d’être conditionné afin d’accepter les raisons de la guerre. Au moment où nous nous réveillons, à l’instant où nous avons ce moment “ah ah”, c’est le moment où tout change et c’est aussi le moment où les soldats commenceront à arrêter d’appuyer sur la détente de leurs armes.

Le changement commence avec nous ! et au moment où nous ne permettons plus que nous soyons utilisés comme outils pour les objectifs et les fins de gens puissants, alors vient le moment où le monde commence à changer et nous sommes en ce moment même dans ce processus !… Une des choses les plus fortes et utiles que vous puissiez faire, est que lorsque l’opportunité vous ait présentée, n’ayez jamais peur de gueuler et de partager un avis, une opinion qui va à contre-courant.

Arjun Walia

Source: http://www.informationclearinghouse.info/49733.htm

Traduit de l’anglais par Résistance 71

*Vidéo incluse en analyse dans ce billet du 11/08/2016 intitulé « Le Chaos ou le Chaos ? »

**La confession de Vincent Emanuele, vétéran de guerre US : J’ai aidé à créer l’EIIL/DAESH

***Vidéo intégrale en VOSTFR ; 11/9. SIBEL EDMONDS, une femme à abattre – Publié le 1 novembre 2010 par GalaxienCanal+ & Zadig Production avec la participation de Planète en analyse dans ce billet du 21/08/2016 intitulé « OUVRONS-LA »

***

Oui, le changement commence avec nous !

***

Pour achever de s’en convaincre et affuter notre réflexion, ces quelques lectures complémentaires en versions PDF que j’ai réalisées en étroite collaboration avec R71 qui traduit ou qui produit ;

Leur MANIFESTE POUR LA SOCIÉTÉ DES SOCIÉTÉS ;

La City de Londres ; Au cœur de l’Empire (PDF N° 54)

Que faire ? La marche vers la tyrannie globale, comment s’en sortir ? Que faire ?  (PDF N° 42)

EFFONDRER LE COLONIALISME ! (PDF N° 38) EFFONDRER LE COLONIALISME – Maître-pilier de l’Empire pour un changement de paradigme politique & social – Déterminer l’E.R.R.E.U.R. et comment la corriger

LA THÉORIE RUSSO-UKRAINIENNE DE L’ORIGINE ABIOTIQUE PROFONDE DU PÉTROLE (PDF N° 26)

Par Résistance71 en Janvier 2013 – Petit précis sur la société, l’état, la désobéissance civile et la commune volontaire autogérée ; solutions au marasme systémique actuel (PDF N° 14)

De Kevin Annett LE BOUCLIER DU LANCEUR D’ALERTE, version PDF lecture, téléchargement et/ou impression totalement gratos en accord avec l’auteur !

Nous sommes la solution…

JBL1960

source:https://jbl1960blog.wordpress.com/2018/07/02/la-lumiere-du-n-o-m/

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06 avril 2018

Le mensonge : une règle devenue institutionnelle

Le mensonge : une règle devenue institutionnelle

Les peuples ont été conditionnés pour accepter les pires déformations de la vérité. Tout a été fait habilement pour désintéresser les citoyens de l’actualité et faire en sorte qu’ils ne puissent pas se rendre compte de cette exceptionnelle et permanente déformation de la vérité. C’est ce que disait prémonitoirement Orwell dans « 1984 ». Les peuples continuent de penser à tort que l’Occident est synonyme de « démocratie », car la propagande ne cesse de répéter en boucle ce mensonge fondamental sous toutes les formes. L’Occident n’a rien, dans ses structures, dans ses modes de fonctionnement, dans ses bases, dans ses présupposés, quelque chose qui pourrait avoir un lien quelconque avec la « démocratie ». L’Occident est essentiellement « théocratique » puisque les sociétés qui le composent sont toutes construites sur une matrice « pontificaliste théocratique » du droit, même lorsqu’elles sont laïques. C’est cette matrice qui donne légitimité à tous les États existants dans le groupe occidental dirigé, manipulé, conditionné par une « médiacratie » au service de cette « théocratie » et incarnant ainsi sa visibilité qui, sans la « médiacratie », aurait eu trop de mal à s’imposer… Les grands médias sont aux mains d’une oligarchie totalitaire au service exclusif de la religion de marché. Le dieu de la théocratie occidentale, c’est la « Haute-Finance », le profit, l’argent pour l’argent, le capital sacralisé et parasitaire, sa cause suprême, sa volonté inflexible… Les médias « officiels » ne sont plus là pour être des « contre-pouvoirs », pour contrôler et dénoncer les abus de l’oligarchie politique, ils sont là pour conduire le char endiablé de l’argent roi, prince, empereur, tyran, esclavagiste, entraîné par les attelages de l’oligarchie politique pour le profit exclusif des plus riches en façonnant sans arrêt la légitimité des dominants exploitant des dominés maltraités et réduits aux conditions pitoyables de la survie. Cette « médiacratie » dirige le monde actuel par le mensonge et la manipulation des peuples dressés à écouter religieusement les prêches fanatiques du sectarisme journalistique « collabo », dédié corps et âmes, à la cause du fascisme ultra libéral, idéologie régnante et dominante en Occident, converti de force à cette nouvelle religion de l’arriération mentale proclamée comme idéal et comme « valeur » à promotionner avec ardeur en utilisant les menaces et les sanctions à la mode! Ces entités commerciales médiatiques, façonnent notre monde orwellien. Ce sont elles qui décident quel homme (serviteur) politique sera placé d’office à la tête de tel pays. Macron est à l’Élysée parce que la « médiacratie » en a décidé ainsi. Ce n’est pas le peuple Français « souverain » qui a voulu cette mascarade à la Présidence française. Ce n’est pas le peuple Espagnol qui a voulu Rajoy à la Présidence du Gouvernement de leur pays. Ce ne sont pas les peuples Européens qui ont voulu unanimement se soumettre à la dictature de l’armée d’occupation de l’OTAN en lui donnant aujourd’hui le droit de circuler librement dans tous les pays de l’UE, en lui donnant le droit de les conduire comme un troupeau de moutons à l’abattoir, en se permettant de provoquer la Russie en leur nom, parce que ce pays souverain refuse « l’alignement » et la « soumission » à l’idéologie dominante récitée par la « médiacratie » au service du totalitarisme financier ultra libéral régnant sans partage sur l’Occident, affirmant sa volonté tyrannique d’absorber l’Orient ! Tous les pouvoirs politiques d’Occident sont agenouillés aujourd’hui devant le Grand Prêtre du Sanhédrin médiatique et participent à son culte liturgique dédié au dieu de l’argent, le veau d’or, le dieu du marché, récitant le catéchisme de l’idéologie fasciste ultra libérale, seule autorisée par l’Église « médiacrate » de l’Occident, sous peine d’hérésie appelée couramment le « complotisme » des nouveaux mécréants ! Dans le contexte global, la « médiacratie » est un contrôle des perceptions. Dans ce « ministère de la vérité », le journalisme « collabo » travaille à la modification permanente des informations pour les rendre compatibles avec l’idéologie dominante et pour une écoute soumise des dominés. Lorsque cette « médiacratie » ment ouvertement aux peuples soumis, elle répète en boucle que son mensonge est devenu la vérité. Chaque fois que quelqu’un voudra vérifier les sources, il trouvera des archives qui auront été elles-mêmes manipulées et transformées pour qu’elles soient conformes à la « vérité idéologique quasi révélée » de la nouvelle religion ultra libérale servie par l’Église médiatique via ses exécutants, les oligarchies politiques. Toute concurrence ou toute dissidence informationnelle, est aussitôt écrasée par le totalitarisme « médiacrate » entre les mains d’une poignée de milliardaires faisant la pluie et le beau temps sur les peuples dressés à leur soumission. Ces gigantesques corporations n’ont aucun compte à rendre aux peuples. Pourtant, aucun politique ne peut arriver au pouvoir sans la bénédiction et le bon vouloir de la « médiacratie » dominante qui va financer les campagnes électorales de ses poulains et veiller attentivement à ce que tous les concurrents exogènes soient éliminés par le jeu pipé des sondages bidons et le pilonnage intensif de la propagande pour le candidat déjà élu par les décideurs « médiacrates » tout puissants. Une multitude de magazines vont inonder les kiosques. La tête du candidat pré-élu par le pouvoir médiatique va apparaître en première page de ces multiples magazines, donnant l’impression d’une formidable diversité journalistique ! En réalité, l’ensemble de la presse écrite et parlée est au diapason du système favorisant le candidat qui paraîtra ainsi faire l’unanimité des opinions électorales, alors que cette multitude de magazines est la propriété d’une poignée de milliardaires, les mêmes qui tirent les ficelles de toute cette organisation du bluff et de la manipulation… Les élections ou réélections de Bush, Obama, Trump aux USA, de Merkel en Allemagne, de Sarkozy remplacé par les « Young leaders » de la « French-American Foundation », Hollande et Macron en France, de Blair, Johnson, May au Royaume Uni, de Netanyahu en Israël…etc., ont bel et bien été le résultat de la volonté d’une « médiacratie » partout au pouvoir et porte-parole de la Finance internationale tapie dans l’ombre… Voilà où nous en sommes! Aujourd’hui, l’affaire Skripal est liée à l’échec des attaques chimiques sous faux drapeaux en Syrie, déjouées par les Russes qui ont mis en échec l’exploitation politique crapuleuse de cet odieux mensonge ! La coalition occidentale de Doha voulait à tout prix exploiter ce filon de la manipulation et du mensonge criminels dans le but de parvenir coûte que coûte à ses fins contre Bachar El Assad. Les Russes devaient donc être très sévèrement punis en créant ex nihilo un casus belli parfaitement arbitraire, chef-d’œuvre du mensonge et de la manipulation, puisqu’il est hors de question que le Royaume Uni apporte quelque preuve que ce soit de ses accusations fantaisistes, pour la simple raison évidente que ces preuves d’une culpabilité de la Russie n’existent pas! Boris Johnson, Theresa May et Gavin Williamson possédaient les tares nécessaires à l’orchestration d’une telle complicité dans le Mal gratuit, gravissime et menaçant directement l’avenir de tous les peuples européens. Une telle inconscience à provoquer une guerre contre la Russie, puissance nucléaire dont la technologie se trouve plus avancée que celle de l’OTAN, reste incompréhensible et révoltante. Si elles avaient existées, ces preuves, il était donc dans l’intérêt de l’Occident de s’en servir ! Pourquoi ne s’en sert-il pas ? La particularité première du mensonge, c’est qu’il se moque ouvertement des gens qu’il abuse. Les peuples dans leur ensemble sont clairement pris pour des idiots par ces criminels au pouvoir et le comble c’est que si nous refusons d’être pris pour des idiots, nous sommes aussitôt traités de « complotistes »! Le bal des expulsions de diplomates Russes est un spectacle dérisoire orchestré par un Occident puéril, mesquin, faux-cul, irresponsable, pathétique et pitoyable! Nous devons tous avoir honte, comme européens, Canadiens et étasuniens, d’être dans le camp de cet Occident minable et menteur, dégénéré et résolument criminel… A propos de la Syrie, les mensonges de la coalition de Doha (USA, Israël, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, France, Angleterre, OTAN) sont désormais largement connus, puisqu’ils ont été déjoués par la victoire du peuple Syrien, son armée de conscrits aidée par la Russie, le Hezbollah, l’Iran et les milices Kurdes aujourd’hui trahies à leur tour par la perversion de la coalition de Doha qui les avait utilisées dans sa stratégie reptilienne contre la Syrie… Après ce coup d’éclat de la bêtise humaine et de l’hypocrisie, les USA ayant renvoyé 60 diplomates Russes, menacent maintenant de sanctions les entreprises européennes impliquées dans le projet de gazoduc russe. Ensuite, Macron ayant vendu les industries de pointe françaises aux rapaces des USA, nous apprenons que la France vendue et trahie par ce gamin irresponsable, ne peut même plus construire un seul sous-marin à propulsion nucléaire sans l’autorisation de Washington! Aujourd’hui, tous les pays européens sont au service de la stratégie américaine et protègent les intérêts étasuniens au détriment de leurs propres intérêts. Ils sont vassalisés, colonisés, soumis, enchaînés, bâillonnés et menacés de sanctions s’ils n’exécutent pas les volontés criminelles de « l’État profond » des USA. L’OTAN fait la loi en Europe et s’apprête à faire circuler ses armées d’occupation librement sur tout le territoire de l’Union Européenne, sans avoir besoin de n’en demander la permission à personne! Les Russes nous avaient débarrassés des nazis, en ayant payé le prix fort de plus de 27 millions de morts pour notre liberté, vont-ils encore devoir nous débarrasser de l’occupation fasciste de l’OTAN par autant de millions de morts pour notre libération? Je crois que la Russie n’aura pas d’autre choix que celui de l’apocalypse nucléaire et l’Europe comme les USA seront un désert de cendres radioactives. Puisque le mensonge poussé à ce point est devenu quasi la règle en Occident, nous avons sous les yeux le symptôme infaillible de sa chute certaine et prochaine. Les peuples occidentaux ne descendent même pas en masse dans la rue pour protester contre la guerre avec la Russie et ses puissants alliés. Ils sont tellement anesthésiés et dressés à regarder ailleurs par la « médiacratie », qu’ils ne voient pas venir cette catastrophe qui va brutalement les « crématoriser ». Jean-Yves Jézéquel

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28 mars 2018

La politique étrangère de Theresa May

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La politique étrangère de Theresa May

Thierry Meyssan poursuit son étude des politiques étrangères nationales. Après avoir analysé celle de la France, il en vient à celle du Royaume-Uni. Si la première est considérée comme le « domaine réservé » du président de la République et, à ce titre, échappe au débat démocratique, la seconde plus encore est élaborée par une élite autour du monarque, en dehors de toute forme de contrôle populaire. Le Premier ministre élu ne peut que mettre en œuvre les choix de la Couronne héréditaire. Face à l’échec du projet états-unien de monde unipolaire, Londres tente de restaurer son ancien pouvoir impérial.

| Damas (Syrie) | 27 mars 2018
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Cet article fait suite à : « La politique étrangère du président Macron », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 13 mars 2018.

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Global Britain

Le 13 novembre dernier, Theresa May profitait du discours annuel du Premier ministre à la mairie de Londres pour donner un aperçu de la nouvelle stratégie britannique, après le Brexit [1]. Le Royaume-Uni entend rétablir son Empire (Global Britain) en promouvant le libre-échange mondial avec l’aide de la Chine [2] et en écartant la Russie des instances internationales avec l’aide de ses alliés militaires : les États-Unis, la France, l’Allemagne, la Jordanie et l’Arabie saoudite.

Rétrospectivement, tous les éléments de ce que nous voyons aujourd’hui furent abordés dans ce discours, même si nous ne l’avons pas immédiatement compris.

Revenons un instant en arrière. En 2007, le président russe, Vladimir Poutine, intervenait à la Conférence sur la sécurité de Munich. Il observait que le projet de monde unipolaire porté par l’Otan était par essence anti-démocratique et il appelait les États européens à se désolidariser de ce fantasme états-unien [3]. Sans répondre à cette remarque de fond sur l’absence de démocratie dans les relations internationales, l’Otan dénonçait alors la volonté de la Russie d’affaiblir la cohésion de l’Alliance afin de mieux la menacer.
Cependant, un expert britannique, Chris Donnelly, a depuis affiné cette rhétorique. Pour affaiblir l’Occident, la Russie tenterait de délégitimiser son système économique et social sur lequel est fondé sa puissance militaire. Ce serait le mobile caché des critiques russes, notamment à travers ses médias. Observons que Donnelly ne répond pas plus que l’Otan à la remarque de fond de Vladimir Poutine, mais pourquoi débattre de démocratie avec un individu que l’on suspecte a priori d’autoritarisme ?

Je pense tout à la fois que Donnelly a raison dans son analyse, et la Russie dans son objectif. En effet, le Royaume-Uni et la Russie sont deux cultures diamétralement opposées.
Le premier est une société de classe avec trois niveaux de nationalité fixés par la loi et figurant sur les papiers d’identité de chacun, tandis que la seconde —comme la France— est une Nation créée par la loi, où tous les citoyens sont « égaux en Droit » et où la distinction britannique entre droits civiques et droits politiques est impensable [4].
Le but de l’organisation sociale au Royaume-Uni est l’accumulation de biens, tandis qu’en Russie il est de construire sa personnalité individuelle. Ainsi, au Royaume-Uni la propriété foncière est massivement concentrée entre quelques mains, au contraire de la Russie et surtout de la France. Il est quasi-impossible d’acheter un appartement à Londres. Tout au plus peut-on —comme à Dubaï— souscrire un bail de 99 ans. Depuis des siècles, la ville, dans sa presque totalité, n’appartient qu’à quatre personnes. Lorsqu’un Britannique décède, il décide librement à qui ira son héritage, et pas nécessairement à ses enfants. Au contraire, lorsque un Russe meurt, l’Histoire recommence à zéro : ses biens sont répartis à égalité entre tous ses enfants quelle que soit la volonté du défunt.
Oui, la Russie tente de délégitimiser le modèle anglo-saxon, ce qui est d’autant plus facile que c’est une exception qui horrifie le reste du monde lorsqu’il le comprend.

Revenons à la politique de Theresa May. Deux mois après son intervention au banquet du Lord Mayor, le chef d’état-major de Sa Majesté, le général Sir Nick Carter, prononçait le 22 janvier 2018 un très important discours, entièrement consacré à la guerre à venir contre la Russie, où il se fondait sur la théorie de Donnelly [5]. Tirant les leçons de l’expérience syrienne, il décrivait un ennemi doté d’un nouvel arsenal, extrêmement puissant (c’était deux mois avant que le président Poutine ne révèle la modernisation de ses armes nucléaires [6]). Il affirmait la nécessité de disposer de troupes terrestres plus nombreuses, de développer l’arsenal britannique, et de se préparer à une guerre où l’image qu’en donneraient les médias serait plus importante que les victoires sur le terrain.

Le lendemain de cette conférence choc au Royal United Services Institute (le think tank de la Défense), le Conseil de sécurité nationale annonçait la création d’une unité militaire de lutte contre la « propagande russe » [7].

Où en le projet britannique ?

Bien que la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes ait mis en doute la réalité du projet de Global Britain [8], plusieurs points ont avancé, malgré un gros écueil.

Il importe de comprendre que Madame May ne tente pas de changer de politique, mais de réordonner la politique de son pays. Au cours du dernier demi-siècle, le Royaume-Uni a tenté de s’intégrer à la construction européenne, perdant progressivement les avantages hérités de son ancien Empire. Il s’agit désormais, non pas d’abandonner ce qui a été fait durant cette période, mais de rétablir l’ancienne hiérarchie du monde, lorsque les fonctionnaires de Sa Majesté et la gentry vivaient dans des clubs, aux quatre coins du monde, servis par les peuples locaux.

- En voyage en Chine la semaine suivant le discours de Sir Nick Carter, Theresa May y négocia de nombreux contrats commerciaux, mais entra en conflit politique avec ses hôtes. Beijing refusa de se distancier de Moscou, et Londres refusa de soutenir le projet de route de la soie. Le libre échange, oui, mais pas à travers des voies de communication contrôlées par la Chine. Depuis 1941 et la Charte de l’Atlantique, le Royaume-Uni partage la charge des « espaces communs » (maritimes et aériens) avec les États-Unis. leurs deux flottes sont conçues pour être complémentaires, même si celle de l’US Navy est beaucoup plus puissante que celle de l’Amirauté.
Par la suite, la Couronne a activé le gouvernement de son dominion australien pour reconstituer les Quads, le groupe anti-chinois qui se réunissait sous le mandat de Bush Jr. [9]. Il est constitué, outre de l’Australie, du Japon, de l’Inde et des États-Unis.
D’ores et déjà, le Pentagone planche sur les possibilités de créer des troubles à la fois sur la route de la soie maritime dans le Pacifique et sur la route terrestre.

- L’Alliance militaire annoncée a été constituée sous la forme du très secret « Petit Groupe » [10]. L’Allemagne qui traversait une crise gouvernementale n’y a pas participé au début, mais il semble que ce retard ait été réparé début mars. Tous les membres de cette conjuration ont coordonné leur action en Syrie. Malgré leurs efforts, ils ont échoué par trois fois à organiser une attaque chimique sous faux drapeau dans la Ghouta occidentale, les armées syrienne et russe ayant saisi leurs laboratoires d’Aftris et de Chifonya [11]. Toutefois, ils sont parvenus à publier un communiqué commun anti-Russe sur l’affaire Skripal [12] et ont mobilisé à la fois l’Otan [13] et l’Union européenne contre la Russie [14].

Comment cela peut-il évoluer ?

Il est évidemment étrange de voir la France et l’Allemagne soutenir un projet qui a explicitement été énoncé contre eux : Global Britain, dans la mesure où le Brexit n’est pas tant un retrait de la bureaucratie fédérale de l’Union européenne, qu’une mise en rivalité.

Quoi qu’il en soit, Global Britain se résume aujourd’hui à :
- la promotion du libre-échange mondial, mais exclusivement dans le cadre thalassocratique, c’est-à-dire avec les États-Unis contre les voies de communication chinoises ;
- et à la tentative d’exclure la Russie du Conseil de sécurité et de couper le monde en deux, ce qui implique les manipulations en cours avec des armes chimiques en Syrie et l’affaire Skripal.

Plusieurs conséquences incidentes de ce programme peuvent être anticipées :

- La crise actuelle reprend des éléments de celle de la fin du mandat Obama, sauf que Londres —et non plus Washington— est désormais au centre du jeu. Le Royaume-Uni qui ne peut plus s’appuyer sur le secrétaire d’État Rex Tillerson, va se tourner vers le nouveau conseiller national de Sécurité US, John Bolton [15]. Contrairement aux allégations de la presse états-unienne, celui-ci n’est pas du tout un néo-conservateur, mais un proche de Steve Bannon. Il refuse que son pays soit soumis au droit international et hurle contre les communistes et les musulmans, mais en réalité il n’a pas l’intention de lancer de nouvelles guerres entre États et souhaite uniquement être tranquille chez lui. Il ne manquera pas de signer toutes les déclarations qu’on lui proposera contre la Russie, l’Iran, le Venezuela, la Corée du Nord, etc. Londres ne pourra pas le manipuler pour exclure Moscou du Conseil de sécurité car son objectif personnel n’est pas de le réformer, mais de se débarrasser de l’Onu. Il sera par contre un fidèle allié pour conserver le contrôle des « espaces communs » et lutter contre la « route de la soie » chinoise, d’autant qu’il fut, en 2003, l’initiateur de l’Initiative de Sécurité contre la prolifération (Proliferation Security Initiative - PSI). On devrait donc voir surgir ici et là, sur le tracé des voies chinoises, de nouvelles pseudo-guerres civiles alimentées par les Anglo-Saxons.

- L’Arabie saoudite prépare la création d’un nouveau paradis fiscal au Sinaï et en mer Rouge, le Neom. Il devrait remplacer Beyrouth et Dubaï, mais pas Tel-Aviv. Londres le connectera avec les différents paradis fiscaux de la Couronne —dont la City de Londres qui n’est pas anglaise, mais dépend directement de la reine Elisabeth— pour garantir l’opacité du commerce international.

- La multitude d’organisations jihadistes, qui reflue du Levant, est toujours contrôlée par le MI6, via les Frères musulmans et l’Ordre des Naqchbandis. Ce dispositif devrait être redéployé principalement contre la Russie —et non contre la Chine ou dans les Caraïbes comme actuellement envisagé—.

Après la Seconde Guerre mondiale, nous avons assisté à la décolonisation des Empires européens, puis après la guerre contre le Vietnam à la financiarisation par les Anglo-Saxons de l’économie mondiale et enfin, après la dissolution de l’Union soviétique à la tentative de domination du monde par les seuls États-Unis. Aujourd’hui, avec la montée en puissance de la Russie moderne et de la Chine, le fantasme d’un monde culturellement globalisé et gouverné de manière unipolaire s’estompe tandis que les puissances occidentales —et particulièrement le Royaume-Uni— reviennent à leur propre rêve impérial. Bien sûr, le haut niveau d’éducation actuel dans leurs anciennes colonies les oblige à repenser leur mode de domination.

Thierry Meyssan
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[1] “Theresa May speech to the Lord Mayor’s Banquet 2017”, by Theresa May, Voltaire Network, 13 November 2017.

[2] Ce faisant Madame May confirmait mon pronostic au lendemain du Brexit, seize mois plus tôt : « La nouvelle politique étrangère britannique », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 4 juillet 2016. Mais, comme je vais l’expliquer dans la suite de cet article, cette vision s’est heurtée à l’alliance russo-chinoise.

[3] « La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale », par Vladimir Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.

[4] Cette question est fondamentale. Elle a été largement débattue par Edmund Burke et Thomas Paine. C’est cette différence irréconciliable qui oppose les Droits de l’homme anglo-saxons (définis par la Déclaration de Marie II d’Angleterre en 1689) et le système de monarchie parlementaire qui en découle, d’un côté, et de l’autre les Droits de l’homme français (définis par la Déclaration de l’Assemblée nationale constituante de 1789) qui met fin aux trois ordres de l’Ancien Régime.

[5] “Dynamic Security Threats and the British Army”, by General Sir Nick Carter, Voltaire Network, 22 January 2018.

[6] “Vladimir Putin Address to the Russian Federal Assembly”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 1 March 2018.

[7] « L’armée britannique se dote d’une unité contre la propagande russe », Réseau Voltaire, 24 janvier 2018.

[8] “Global Britain inquiry”, Foreign Affairs Committee, UK House of Commons.

[9] « Les Quads préparent un contre-projet à la route de la soie », Réseau Voltaire, 20 février 2018.

[10] « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la "stratégie occidentale" », par Richard Labévière, Observatoire géostratégique, Proche&Moyen-Orient.ch, 17 février 2018.

[11] « Deux laboratoires d’armes chimiques découverts chez les "rebelles modérés" syriens », Réseau Voltaire, 13 mars 2018.

[12] « Attentat de Salisbury : Déclaration conjointe chefs d’État et de gouvernement de la France, de l’Allemagne, des États-Unis et du Royaume-Uni », Réseau Voltaire, 15 mars 2018.

[13] « Déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord sur l’emploi d’un agent neurotoxique à Salisbury », Réseau Voltaire, 14 mars 2018.

[14] « Conclusions du Conseil européen sur l’attaque de Salisbury », Réseau Voltaire, 22 mars 2018.

[15] « John Bolton et le désarmement par la guerre », Réseau Voltaire, 30 novembre 2004.

 

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La politique étrangère du président Macron

La politique étrangère du président Macron

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La politique étrangère du président Macron

Selon le président Macron, « France is back » (en anglais dans le texte). Elle entendrait jouer à nouveau un rôle international, après dix années de déshérence. Cependant Emmanuel Macron n’a jamais expliqué quelle politique il entend mener. Reprenant des éléments qu’il a déjà développés dans ces colonnes et les resituant à la fois dans le contexte européen et dans l’Histoire de ce pays, Thierry Meyssan analyse le virage qui vient d’être amorcé.

| Damas (Syrie)
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Lorsqu’Emmanuel Macron s’est présenté à la présidence de la République française, il ignorait tout des Relations internationales. Son mentor, le chef de l’Inspection générale des Finances (un corps de 300 hauts-fonctionnaires), Jean-Pierre Jouyet, lui fit dispenser une formation accélérée.

Le prestige de la France avait été considérablement affaibli par les deux précédents présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Du fait de son absence de priorité et de ses innombrables retournements, la position française était désormais perçue comme « inconsistante ». Aussi débuta-t-il son mandat en rencontrant le plus grand nombre de chefs d’État et de gouvernement, montrant que la France se repositionnait comme une puissance médiatrice, capable de parler avec tous.

Après avoir serré des mains et invité à dîner, il lui fallu donner un contenu à sa politique. Jean-Pierre Jouyet [1] proposa de rester dans le camp atlantique, tout en misant sur les Démocrates états-uniens qui, selon lui, devraient revenir à la Maison-Blanche peut-être même avant les élections de 2020. Alors que les Britanniques quittent l’Union européenne, la France resserrerait étroitement son alliance avec Londres tout en conservant des rapports avec Berlin. L’Union devrait être recentrée sur la gouvernance de l’euro. Elle mettrait un terme au libre-échange avec les partenaires qui ne le respectent pas et créerait de grandes entreprises sur Internet capables de rivaliser avec celles du GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Elle devrait également se doter d’une défense commune contre le terrorisme. Avec ses alliés, elle s’engagerait dans la lutte contre l’influence russe. Enfin, la France poursuivrait son action militaire au Sahel et au Levant.

En septembre 2017, Jean-Pierre Jouyet fut nommé ambassadeur de France à Londres. En janvier 2018, la France et le Royaume-Uni relançaient leur coopération diplomatique et militaire [2]. Toujours en janvier, les deux États formaient une instance secrète, le « Petit Groupe », pour relancer la colonisation franco-britannique du Levant [3].

Cette politique, qui n’a jamais été discutée en public, ignore à la fois l’Histoire de France et la demande allemande de jouer un rôle politique international plus important. La quatrième économie du monde est en effet, soixante dix ans après sa défaite, toujours maintenue dans un rôle secondaire [4].

Concernant le monde arabe, le président Macron —énarque et ancien de Rothschild & Cie— a adopté le point de vue de ses deux consultants en la matière : le franco-tunisien Hakim El Karoui —un autre ancien de Rothschild & Cie— pour le Maghreb et l’ancien ambassadeur à Damas Michel Duclos —un énarque— pour le Levant. El Karoui n’est pas un produit de l’intégration républicaine, mais de la haute bourgeoisie transnationale. Il alterne un discours républicain au plan international et un autre communautaire au plan intérieur. Duclos est un authentique néoconservateur, formé aux États-Unis sous George W. Bush par Jean-David Levitte [5]

Or, El Karoui n’a toujours pas compris que les Frères musulmans sont un instrument du MI6 britannique, et Duclos que Londres n’a pas digéré les accords Sykes-Picot-Sazonov qui lui ont fait perdre la moitié de son empire au Moyen-Orient [6]. Les deux hommes ne voient donc pas de problème dans la nouvelle « entente cordiale » avec Theresa May.

On peut d’ores et déjà mesurer certaines incohérences de cette politique. En application des décisions du « Petit Groupe », la France a repris l’habitude de l’équipe du président Hollande de relayer à l’Onu les positions de ses employés de l’opposition syrienne (ceux qui se réclament du drapeau du mandat français sur la Syrie [7]). Mais les temps ont changé. La lettre de l’actuel président de la « Commission syrienne de négociation », Nasr al-Hariri, transmise au nom de la France au Conseil de sécurité injurie non seulement la Syrie, mais aussi la Russie [8]. Elle accuse l’une des deux principales puissances militaires au monde [9] de perpétrer des crimes contre l’Humanité ce qui contrevient à la position « médiatrice » d’un membre permanent du Conseil. Si Moscou a préféré ignorer cet écart de langage, Damas y a sèchement répondu [10].

En définitive, la politique d’Emmanuel Macron ne diffère guère de celles de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, même si, du fait de la présence de Donald Trump à la Maison-Blanche, elle s’appuie plus sur le Royaume-Uni que sur les États-Unis. L’Élysée poursuit l’idée d’un relèvement économique pour ses multinationales non pas en France, mais dans son ancien Empire colonial. Il s’agit des mêmes choix que ceux du socialiste Guy Mollet, un des fondateurs du Groupe de Bilderberg [11]. En 1956, le président du Conseil français fit alliance avec Londres et Tel-Aviv pour conserver ses parts dans le Canal de Suez nationalisé par le président Gamal Abdel Nasser. Il proposa à son homologue britannique, Anthony Eden, que la France intègre le Commonwealth, qu’elle fasse allégeance à la Couronne, et que les Français adoptent le même statut de citoyenneté que les Irlandais du Nord [12]. Ce projet d’abandon de la République et d’intégration de la France au sein du Royaume-Uni sous l’autorité de la reine Élisabeth II ne fut jamais discuté publiquement.

Peu importent l’idéal d’égalité en Droit exposé en 1789 et le rejet du colonialisme exprimé par le Peuple français face au coup d’État avorté de 1961 [13], aux yeux du Pouvoir, la politique étrangère ne ressort pas de la démocratie.

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[1] « De la Fondation Saint-Simon à Emmanuel Macron », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 avril 2017.

[2] « L’ »Entente cordiale » franco-britannique », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 janvier 2018.

[3] « Syrieleaks : un câble diplomatique britannique dévoile la « stratégie occidentale » », par Richard Labévière, Observatoire géostratégique, Proche&Moyen-Orient.ch, 17 février 2018.

[4] C’est également le cas du Japon.

[5] Jean-David Levitte, alias « Diplomator », fut représentant permanent de la France aux Nations unies à New York (2000-02), puis ambassadeur à Washington (2002-07).

[6] D’un point de vue britannique, les accords Sykes-Picot-Sazonov de 1916 ne sont pas un partage équitable du monde entre les trois empires, mais une concession du Royaume-Uni pour s’assurer le soutien de la France et de la Russie (Triple Entente) contre le Reich allemand, l’Autriche-Hongrie et l’Italie (Triplice).

[7] « La France à la recherche de son ancien mandat en Syrie », par Sarkis Tsaturyan, Traduction Avic, Oriental Review (Russie), Réseau Voltaire, 6 octobre 2015. En 1932, la France octroie à la Syrie mandataire un nouveau drapeau. Il est composé de trois bandes horizontales représentant les dynasties Fatimides (vert), Omeyyades (blanc) et Abbasides (noir), symboles des musulmans chiites pour la première et sunnites pour les deux suivantes. Les trois étoiles rouges représentent les trois minorités chrétienne, druze et alaouite. Ce drapeau restera en vigueur au début de la République arabe syrienne et reviendra, en 2011, avec l’Armée syrienne libre.

[8] « Accusation de la Syrie et de la Russie par la France », par François Delattre, Réseau Voltaire, 9 février 2018.

[9] « Le nouvel arsenal nucléaire russe rétablit la bipolarité du monde », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 6 mars 2018.

[10] « Réponse de la Syrie à la France », par Bachar Ja’afari, Réseau Voltaire, 28 février 2018.

[11] « Ce que vous ignorez sur le Groupe de Bilderberg », par Thierry Meyssan, Komsomolskaïa Pravda (Russie) , Réseau Voltaire, 9 avril 2011.

[12] “When Britain and France nearly married”, Mike Thomson, BBC, January 15, 2007. « Frangland ? UK documents say France proposed a union with Britain in 1950s : LONDON : Would France have been better off under Queen Elizabeth II ? », Associated Press, January 15, 2007. Guy Mollet ne reprenait pas là la proposition d’Union franco-britannique, formulée par Winston Churchill et Anthony Eden en 1940, de fusion provisoire des deux nations après la défaite française pour lutter face au Reich nazi. Il s’inspirait en fait, dans le contexte de la crise de Suez et l’espoir de sauver l’Empire français, de la proposition d’Ernest Bevin onze ans plus tôt de créer un troisième bloc face aux USA et à l’URSS, en joignant les empires britannique, français et néerlandais au sein d’une Union occidentale. Ce projet fut abandonné par Londres au profit de la CECA (ancêtre de l’Union européenne) au plan économique et de l’Otan au plan militaire.

[13] En 1961, un coup d’État militaire, organisé en sous-main par l’Otan, tenta de renverser le général-président Charles De Gaulle et de maintenir la politique coloniale française. Massivement, les Français refusèrent de s’y rallier. « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001.

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20 mars 2018

Quatre jours pour déclarer une Guerre froide

Quatre jours pour déclarer une Guerre froide

La semaine qui vient de s’écouler a été extraordinairement riche en événements. Mais aucun média n’a été en mesure d’en rendre compte car tous ont délibérément masqué certains d’entre eux pour protéger la narration qu’en faisait leur gouvernement. Londres a tenté de provoquer un conflit majeur, mais a perdu face à la Russie, au président Trump et à la Syrie.

| Damas (Syrie) | 20 mars 2018
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Bien que disposant de la quatrième armée au monde, le Royaume-Uni ne peut pas défier la Russie sans disposer d’alliés. Il doit donc inventer un casus belli, et faire réagir ses partenaires pour les conduire à s’exposer avec lui.

Le gouvernement britannique et certains de ses alliés, dont le secrétaire d’État Rex Tillerson, ont tenté de lancer une Guerre froide contre la Russie.

Leur plan prévoyait d’une part de mettre en scène un attentat contre un ex-agent double à Salisbury et d’autre part une attaque chimique contre les « rebelles modérés » dans la Ghouta. Les conspirateurs entendaient profiter de l’effort de la Syrie pour libérer la banlieue de sa capitale et de la désorganisation de la Russie à l’occasion de son élection présidentielle. À l’issue de ces manipulations, le Royaume-Uni aurait poussé les USA à bombarder Damas, dont le palais présidentiel syrien, et demandé à l’Assemblée générale de l’Onu d’exclure la Russie du Conseil de sécurité.

Cependant, les services de Renseignement syrien et russe ont eu vent de ce qui se tramait. Ils ont acquis la certitude que les agents US qui préparaient depuis la Ghouta une attaque chimique contre la Ghouta ne dépendaient pas du Pentagone, mais d’une autre agence US.

À Damas, le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Miqdad, a convoqué en urgence, le 10 mars, une conférence de presse pour alerter ses concitoyens. De son côté, Moscou a d’abord tenté de saisir Washington par la voie diplomatique. Mais sachant que l’ambassadeur US, Jon Huntsman Jr, est administrateur de Caterpillar qui a fourni des tunneliers aux jihadistes pour qu’ils construisent leurs fortifications, il tenta de contourner la voie diplomatique normale.

Voici comment les événements se sont enchaînés :

12 mars 2018

L’armée syrienne saisit deux laboratoires d’armes chimiques, le premier le 12 mars à Aftris et le second, le lendemain à Chifonya. Tandis que la diplomatie russe pousse l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à entrer dans l’enquête criminelle de Salisbury.

Le Premier ministre britannique, Theresa May, accuse violemment à la Chambre des Communes la Russie d’avoir commandité l’attentat de Salisbury. Selon elle, l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille auraient été empoisonnés avec une substance militaire innervante du type « développé par la Russie » sous le nom de « novitchok ». Sachant que le Kremlin considère ses citoyens ayant fait défection comme des cibles légitimes, il serait donc hautement probable qu’il ait commandité le crime.

Le novitchok est connu à travers ce qu’en ont révélé deux personnalités soviétiques, Lev Fyodorov et Vil Mirzayanov. Le savant Fyodorov publia un article dans l’hebdomadaire russe Top Secret (Совершенно секретно) en juillet 1992, alertant sur l’extrême dangerosité de ce produit et mettant en garde contre l’usage des anciennes armes soviétiques par les Occidentaux pour détruire l’environnement en Russie et la rendre invivable. En octobre 1992, il publia un second article dans les Nouvelles de Moscou (Московские новости) avec un responsable du contre-espionnage, Mirzayanov, dénonçant la corruption de certains généraux et le trafic de novitchok auquel ils se livreraient. Ils ignoraient à qui ils auraient pu en vendre. Mirzayanov fut d’abord arrêté pour haute trahison, puis relâché. Si Fyodorov est mort en Russie en août dernier, Mirzayanov vit en exil aux États-Unis où il a collaboré avec le département de la Défense.

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L’ex-officier russe de contre-espionnage Vil Mirzayanov a fait défection aux États-Unis. À 83 ans, il commente l’affaire Skripal depuis Boston.

Le novitchok était fabriqué dans un laboratoire soviétique à Nurus, dans l’actuel Ouzbékistan. Lors de la dissolution de l’Union soviétique, il fut détruit par une équipe spécialisée états-unienne. L’Ouzbékistan et les États-Unis ont donc nécessairement possédé et étudié des échantillons de cette substance. Ils sont tous deux capables d’en produire.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, convoque l’ambassadeur russe à Londres, Alexandre Iakovenko. Il lui pose un ultimatum de 36 heures pour vérifier si du novitchok manque dans ses stocks. L’ambassadeur lui répond qu’il n’en manque pas car la Russie a détruit la totalité des armes chimiques héritées de l’Union soviétique et l’OIAC en a dressé procès-verbal.

Après un entretien téléphonique avec Boris Johnson, le secrétaire d’État US, Rex Tillerson, condamne à son tour la Russie pour l’attentat de Salisbury.

Pendant ce temps, un débat sur la situation dans la Ghouta se tient au Conseil de sécurité de l’Onu. La représentante permanente des États-Unis, Nikki Haley, y déclare : « Il y a près d’un an, après l’attaque au gaz sarin perpétrée à Khan Cheïkhoun par le régime syrien, les États-Unis avaient mis en garde le Conseil. Nous avons dit que face à l’inaction systématique de la communauté internationale, les États sont parfois obligés d’agir eux-mêmes. Le Conseil de sécurité n’a pas agi, et les États-Unis ont frappé la base aérienne à partir de laquelle Al Assad avait lancé son attaque à l’arme chimique. Nous réitérons la même mise en garde aujourd’hui ».

Les services de Renseignement russe font circuler des documents de l’état-major états-unien. Ils montrent que le Pentagone est prêt à bombarder le palais présidentiel et les ministères syriens, sur le modèle de ce qu’il a fait lors de la prise de Bagdad (3 au 12 avril 2003).

Commentant la déclaration de Nikki Haley, le ministère russe des Affaire étrangères, qui a toujours qualifié l’affaire de Khan Cheïkhoun de « manipulation occidentale », révèle que les fausses informations, qui ont induit à l’époque la Maison-Blanche en erreur et l’ont conduite à bombarder la base d’Al-Chaayrate, provenaient d’un laboratoire britannique qui n’a jamais indiqué comment il s’était procuré ses échantillons.

13 mars 2018

Le ministère russe des Affaires étrangères publie un communiqué condamnant une possible intervention militaire US et annonçant que si des ressortissants russes étaient touchés à Damas, Moscou riposterait de manière proportionnée ; le président russe étant constitutionnellement responsable de la sécurité de ses concitoyens.

Contournant la voie diplomatique officielle, le chef d’état-major russe, le général Valéri Guérassimov contacte son homologue US, le général Joseph Dunford, pour l’informer de ses craintes d’une attaque chimique sous faux drapeau dans la Ghouta. Dunford prend la chose très au sérieux et alerte le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, qui en réfère au président Donald Trump. Vu l’assurance des Russes selon qui ce coup tordu serait préparé à l’insu du Pentagone, la Maison-Blanche demande au directeur de la CIA, Mike Pompeo, d’identifier les responsables de ce complot.

Nous ignorons le résultat de cette enquête interne, mais le président Trump acquiert la conviction de l’implication de son secrétaire d’État, Rex Tillerson. Celui-ci est immédiatement prié d’interrompre son voyage officiel en Afrique et de rentrer à Washington.

Theresa May écrit au secrétaire général de l’Onu pour accuser la Russie d’avoir commandité l’attentat de Salisbury et pour convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Sans attendre, elle expulse 23 diplomates russes.

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Publié un mois et demi avant l’attentat de Salisbury, le livre d’Amy Knight présente ce qui va devenir la thèse du MI5. L’auteur affirme elle-même qu’elle n’a pas la moindre preuve de ce qu’elle avance.

À la demande de la présidente de la Commission de l’Intérieur de la Chambre des Communes, Yvette Cooper, la secrétaire britannique à l’Intérieur, Amber Rudd, annonce que le MI5 (services secrets militaires intérieurs) va réouvrir 14 enquêtes sur des morts qui, selon des sources US, auraient été commanditées par le Kremlin.

Ce faisant, le gouvernement britannique adopte les théories du professeur Amy Knight. Le 22 janvier 2018, cette soviétologue US publiait un bien étrange ouvrage : Ordres de tuer : le régime de Poutine et l’assassinat politique. L’auteure, qui est « la » spécialiste de l’ancien KGB, tente d’y démontrer que Vladimir Poutine est un tueur en série responsable de douzaines d’assassinats politiques, allant des attentats de Moscou en 1999 à celui du Marathon de Boston en 2013, en passant par l’exécution d’Alexandre Litvinenko à Londres en 2006 ou celle de Boris Nemtsov à Moscou en 2015. Cependant, elle avoue elle-même qu’il n’existe aucune preuve de ses accusations.

Les libéraux européens entrent dans la danse. L’ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, qui préside leur groupe au Parlement européen, appelle l’Union européenne à prendre des sanctions contre la Russie. Son homologue à la tête de leur parti britannique, Sir Vince Cable, propose un boycott européen de la Coupe du monde de football. D’ores et déjà, Buckingham Palace annonce que la famille royale annule son voyage en Russie.

L’autorité de régulation britannique, l’Ofcom, annonce qu’elle pourrait interdire la chaîne Russia Today à titre de rétorsion, bien que celle-ci n’ait aucunement violé les lois britanniques.

Le ministère russe des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur britannique à Moscou pour l’informer que des mesures de réciprocité lui seront indiquées sous peu en rétorsion de l’expulsion de diplomates russes de Londres.

Le président Trump annonce sur Twitter avoir limogé son secrétaire d’État avec lequel il n’était pas encore entré en contact. Il est remplacé par Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA, qui a confirmé la veille l’authenticité des informations russes transmises par le général Dunford. Arrivé à Washington, Tillerson obtient confirmation de son renvoi par le secrétaire général de la Maison-Blanche, le général John Kelly.

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L’ancien patron de la plus grande multinationale au monde, ExxonMobil, se pensait au dessus de la mêlée. À sa grande surprise, Rex Tillerson a été brutalement limogé par Donald Trump. Le premier pensait servir le monde anglo-saxon, tandis que le second le considère comme un traître à sa patrie.

L’ex-secrétaire d’État, Rex Tillerson, est issu de la bourgeoisie texane. Sa famille et lui-même se sont investis dans les Scouts états-uniens, dont il devint le président national (2010-12). Culturellement proche de l’Angleterre, il n’hésita pas, lorsqu’il devint président de la méga multinationale Exxon-Mobil (2006-16) aussi bien à mener une campagne politiquement correcte pour accepter les jeunes gays parmi les Scouts que pour recruter des mercenaires en Guyane britannique. Il serait membre de la Pilgrims Society, le plus prestigieux club anglo-US présidé par la reine Elisabeth II, dont de nombreux membres firent partie de l’administration Obama.

Durant ses fonctions au secrétariat d’État, sa bonne éducation fournit une caution à Donald Trump, considéré par la haute société US comme un histrion. Il entra en conflit avec son président sur trois sujets majeurs qui nous permettent de cerner l’idéologie des conspirateurs :
- Comme Londres et l’État profond US, il pensait utile de diaboliser la Russie pour consolider le Pouvoir des Anglo-Saxons dans le camp occidental ;
- Comme Londres, il pensait que pour maintenir le colonialisme occidental au Moyen-Orient, il fallait favoriser le président iranien cheikh Rohani contre le Guide de la Révolution l’ayatollah Khamenei. Il soutenait donc l’accord 5+1.
- Comme l’État profond US, il considérait que le basculement de la Corée du Nord vers les États-Unis devait rester secret et être utilisé pour justifier un déploiement militaire en réalité dirigé contre la Chine populaire. Il était donc favorable à des pourparlers officiels avec Pyongyang, mais opposé à une rencontre entre les deux chefs d’État.

14 mars 2018

Alors que Washington est sous le choc, Theresa May intervient à nouveau devant la Chambre des Communes pour y développer son accusation, tandis que partout dans le monde, les diplomates britanniques prennent la parole dans de nombreuses organisations inter-gouvernementales pour leur transmettre le message. Répondant au Premier ministre, le député blairiste Chris Leslie qualifie la Russie d’État voyou et demande sa suspension du Conseil de sécurité de l’Onu. Theresa May s’engage à examiner la question tout en soulignant que cela ne pourrait être décidé que par l’Assemblée générale pour contourner le veto russe.

Le Conseil de l’Atlantique-Nord (Otan) se réunit à Bruxelles à la demande du Royaume-Uni. Les 29 États membres établissent un lien entre l’usage d’armes chimiques en Syrie et l’attentat de Salisbury. Ils considèrent la Russie comme « probablement » responsable de ces deux événements.

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Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, et la représentante permanente du Royaume-Uni au Conseil de l’Atlantique-Nord, Sarah MacIntosh. Celle-ci est l’ancienne directrice des questions de Défense et de Renseignement au ministère britannique des Affaires étrangères, poste qu’elle laissa à Jonathan Allen, actuel chargé d’affaires à l’Onu.

À New York, le représentant permanent de la Russie, Vasily Nebenzya, propose aux membres du Conseil de sécurité d’adopter une déclaration attestant de leur volonté commune de faire la lumière sur l’attentat de Salisbury et confiant l’enquête à l’OIAC dans le respect des procédures internationales. Mais le Royaume-Uni refuse tout texte qui ne comporte pas l’expression selon laquelle la Russie serait « probablement responsable » de l’attaque.

Lors du débat public qui suit, le chargé d’affaire du Royaume-Uni, Jonathan Allen, représente son pays. C’est un agent du MI6 qui a créé le service de propagande de guerre du Royaume-Uni et apporté activement son soutien aux jihadistes en Syrie. Il déclare : « La Russie a déjà interféré dans les affaires des autres pays, la Russie a déjà bafoué le droit international en Ukraine, la Russie méprise la vie civile comme le montre l’attaque d’un avion commercial au-dessus de l’Ukraine par des mercenaires russes, la Russie protège l’emploi par Assad d’armes chimiques (…) L’État russe est responsable de cette tentative d’assassinat ». Le représentant permanent de la France, François Delattre, qui en vertu d’un décret dérogatoire du président Sarkozy a été formé au département d’État US, rappelle que son pays a lancé une initiative pour mettre fin à l’impunité de ceux qui utilisent des armes chimiques. Il laisse entendre que cette initiative dirigée contre la Syrie pourrait être tournée contre la Russie.

L’ambassadeur de Russie, Vasily Nebenzya, rappelle que la séance a été convoquée à la demande de Londres, mais qu’elle est publique à la demande de Moscou. Il observe que le Royaume-Uni viole le droit international en évoquant cette affaire au Conseil de sécurité alors qu’il tient l’OIAC en dehors de son enquête. Il note que si Londres a pu identifier le Novitchok, c’est qu’il en a la formule et peut donc en fabriquer lui-même. Il rappelle le souhait de la Russie de collaborer avec l’OIAC dans le respect des procédures internationales.

15 mars 2018

Le Royaume-Uni publie une déclaration commune cosignée la veille par la France, l’Allemagne, ainsi que par Rex Tillerson qui était encore secrétaire d’État des États-Unis. Le texte reprend la suspicion britannique. Il dénonce l’emploi « d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie ». Il affirme qu’il est « hautement probable que la Russie soit responsable de l’attaque ».

Le Washington Post publie une tribune libre de Boris Johnson, tandis que le secrétaire US au Trésor, Steven Mnuchin, prend de nouvelles sanctions contre la Russie. Celles-ci ne sont pas liées à l’affaire en cours, mais aux allégations d’ingérence dans la vie publique US. Le décret cite néanmoins l’attentat de Salisbury comme une preuve des agissements sournois de la Russie.

Le secrétaire britannique à la Défense, le jeune Gavin Williamson, déclare qu’après l’expulsion de ses diplomates, la Russie devrait « la fermer » (sic). C’est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’un dirigeant d’un État membre permanent du Conseil de sécurité emploie un tel vocabulaire à l’encontre d’un autre membre du Conseil. Sergueï Lavrov commente : « C’est un charmant jeune homme. Il veut sûrement gagner sa place dans l’histoire, en faisant des déclarations choc [...] Peut-être manque-t-il d’éducation ».

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Le Royaume-Uni n’a pas hésité, tout au long de son histoire, à mentir et à trahir sa parole pour défendre ses intérêts. D’où son surnom français de « perfide Albion » (en référence au nom latin de l’Angleterre)

Conclusion

En quatre jours le Royaume-Uni est ses alliés ont lancé les prémisses d’une nouvelle division du monde, d’une Guerre froide.

Cependant, la Syrie n’est pas l’Irak et l’Onu n’est pas le G8 (dont la Russie a été exclue en raison de l’adhésion de la Crimée à sa fédération et de son soutien à la Syrie). Les États-Unis ne vont pas détruire Damas et la Russie ne sera pas exclue du Conseil de sécurité. Après s’être retiré de l’Union européenne, puis avoir refusé de signer la déclaration chinoise sur la route de la soie, le Royaume-Uni pensait rehausser sa stature en éliminant un concurrent. Par ce coup tordu, il imaginait acquérir une nouvelle dimension et devenir la « Global Britain » annoncée par Madame May. Mais il détruit lui-même sa crédibilité.

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Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux - Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

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02 mars 2018

Je dis NON au 80 km/h

c 'est la résistance qu 'il faudrait passer..... c 'est de la dictature, pour nous faire rouler au pas... on va pouvoir acheter des trottinettes, des calèches, et des chevaux, et des voitures sans permis, sans contrôle technique, électriques, qui se rechargent au solaire., y en a marre....je crois qu 'il nous faut rejoindre le mouvement, car on va vraiment être racketté.... les serfs des temps modernes c 'est nous... les puissants, ne sont plus nobles, mais c 'est bien pire.... bien bien pire.....nous on reste toutes les limitations, on met waze pour circuler.... mais là, plus possible, meme d 'accélérer pour doubler un tracteur, on va se faire tous avoir.(je suis polie, avoir, n' est pas le verbe qui me vient à l 'esprit) ...... Même les "bénis oui oui", qui disent qu 'il faut respecter pour sauver des vies. si l 'état voulait sauver des vies, il sauverait les 140 000 AVC liés à l 'augmentation du sel, dans les aliments, et bien d 'autres choses.... pour ceux qui veulent en avoir le coeur net, écoutez en replay, la dernière émission d 'Elise Lucet sur les pesticides... cette semaine.... l état, notre santé, il en a rien à foutre, pourvu qu 'on rapporte comme des poules en batterie, de la naissance à la mort... vraiment on laisse construire cette société là pour nos enfants? je vous pose la question, ou bien on se bouge.... enfin.... pour dire NON avec force. En attendant écoutez ça, vous allez économiser quelques panneaux solaires, plus besoin d 'acheter une grosse voiture pour la reprise, comme les hommes pensent souvent... la reprise pour doubler, vous allez pouvoir vous asseoir dessus..... la risposte, c 'est des voitures sans permis electrique, sur nos panneaux...

 

 

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14 janvier 2018

LES VRAIS VOEUX DE MACRON - Le Bon Sens

Superbe prestation d'humour à froid. Grinçant et percutant.

LES VRAIS VOEUX DE MACRON - Le Bon Sens

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A propos des 11 vaccins

 

Si c est vrai , cela est dû pur conflit d intérêt

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_L%C3%A9vy . Il est directeur scientifique du programme vaccinal de l’ANRS depuis 2006. Il a développé et coordonné plus de vingt essais cliniques nationaux et internationaux d’immunothérapie et de vaccination thérapeutique et prophylactique dans les domaines de l’infection par le VIH, déficits immunitaires et maladies infectieuses.
Yves Lévy est nommé directeur général de l'INSERM le 11 juin 2014 Il est marié à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et de la solidarité depuis le 17 mai 2017 et ancienne présidente du collège de la Haute Autorité de santé.

Aucun texte alternatif disponible.

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07 décembre 2017

Statut de Jérusalem: Trump contre le reste du monde

Statut de Jérusalem: Trump contre le reste du monde

Trump vient d’ouvrir les portes de l’enfer….

Mais que peut ont attendre de mieux de ce pays et de ses politiques

Statut de Jérusalem: Trump contre le reste du monde

Actualité Monde Proche et Moyen-Orient

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 07/12/2017 à 10:34 , mis à jour à 11:05

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Le président américain Donald Trump lors de son discours de reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017, à Washington.

afp.com/MANDEL NGAN

La décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël isole encore un peu plus sur la scène internationale les États-Unis de Donald Trump.

Un seul pays a emboîté le pas des États-Unis après l’annonce par Donald Trump de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. La République tchèque a reconnu dans un communiqué « Jérusalem ouest » comme la capitale de fait d’Israël. Elle a également promis le déménagement de son ambassade, mais « seulement sur la base des résultats des négociations [de paix israélo-palestinienne] avec les partenaires clés de la région et du monde ».

LIRE AUSSI >> Jérusalem: qui sont les chrétiens sionistes derrière la décision de Trump

Les préparatifs de transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem font fit en revanche d’hypothétiques avancées en faveur d’une paix négociée entre dirigeants Israéliens et Palestiniens. Ces derniers, basés à Ramallah, revendiquent Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël en 1967, comme la capitale de l’État auquel ils aspirent.

Les États-Unis peuvent-ils encore être un partenaire de négociation? Le président palestinien Mahmoud Abbas a dénoncé des choix « déplorables », jugeant que Washington, tout en prétendant le contraire, ne pouvait plus jouer son rôle historique de médiateur de paix avec les Israéliens. Et pour cause: le geste de Donald Trump fait perdre aux Américains une neutralité tout autant historique.

« Un cercle de feu »

A l’instar des autorités palestiniennes, de nombreuses chancelleries considèrent que cette décision unilatérale du milliardaire éloigne le moment d’une véritable paix, négociée, en Palestine. A l’exception du communiqué émis par Prague, pas un pays, en dehors d’Israël, n’a salué la décision de Donald Trump. La condamnation est d’autant plus unanime qu’elle apparaît comme une étincelle dans une poudrière, une explosion de violence étant redoutée dans les territoires occupés de Cisjordanie.

Des manifestants palestiniens brûlent un portrait du président américain Donald Trump et montrent une banderole disant "Jérusalem capitale de la Palestine", dans la ville de Rafah, dans la bande de Gaza, le 6 décembre 2017.

Des manifestants palestiniens brûlent un portrait du président américain Donald Trump et montrent une banderole disant « Jérusalem capitale de la Palestine », dans la ville de Rafah, dans la bande de Gaza, le 6 décembre 2017.

afp.com/SAID KHATIB

Les réactions les plus fortes sont logiquement venues des pays musulmans, en particulier ceux du Moyen-Orient. L’esplanade des Mosquées, à Jérusalem, abrite en effet le troisième lieu saint de l’islam, la mosquée al-Aqsa. L’Arabie saoudite, qui abrite les deux premiers dit espérer « voir l’administration américaine revenir sur cette décision », précisant qu’il s’agit « d’un recul dans les efforts en faveur du processus de paix et d’une violation de la position américaine historiquement neutre sur Jérusalem ».

« Prendre une telle décision met le monde, et spécialement la région, dans un cercle de feu », a déclaré Recep Tayyip Erdogan ce mercredi. Le président turc avait averti mercredi que la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Washington « ferait le jeu des groupes terroristes ». Il a invité les dirigeants des 57 pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) pour un sommet à Istanbul le 13 décembre axé sur la question de Jérusalem.

« Une nouvelle intifada »

« Cette décision pousse à plus de tensions et représente une provocation pour les sentiments des arabes et des musulmans », a souligné le ministère des Affaires étrangères de Tunisie. Elle « va provoquer une nouvelle intifada et pousser à des comportements plus radicaux et à davantage de colère et de violence », a réagi son homologue d’Iran. Le Hamas a d’ailleurs ouvertement appelé ce jeudi à cette nouvelle intifada.

LIRE AUSSI >> Jérusalem: la décision historique de Trump risque d’embraser la région

La plupart des chancelleries européennes soulignent combien cette décision mine un processus de paix depuis longtemps moribond. « Nous devons privilégier l’apaisement et le dialogue », a réagi Emmanuel Macron. « L’Union européenne exprime sa sérieuse préoccupation à propos de l’annonce aujourd’hui du président des Etats-Unis Trump sur Jérusalem et les répercussions que cela peut avoir sur la perspective de paix », a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini dans un communiqué.

 

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