Relations France – Qatar : l’argent à tout prix ?

cc - Lυвαιв - flickr
Le 24 juin 2014
 
 
Tamim al-Thani, nouveau jeune émir du Qatar de 34 ans, a choisi Paris pour son premier déplacement dans un pays occidental… Tout, sauf un hasard.

François Hollande le reçoit ce lundi et, une fois n’est pas coutume, il sera question de gros sous. Après une commande de 22 hélicoptères NH90 pour près de 2 milliards d’euros en mars dernier (la France fournit 75 % du matériel militaire de l’émirat), il est désormais question d’une vente de 72 avions Rafale sur le long terme. Les négociations vont bon train entre la société Dassault et les dirigeants qataris. Après l’échec brésilien, il nous faut vendre coûte que coûte ces fameux Rafale que personne ne veut, alors le Qatar et son nouvel émir sont les bienvenus.

Entre le Qatar et la France, c’est une longue histoire d’amour : après l’acquisition du PSG, celui du mythique Prix de l’Arc de Triomphe (par sponsoring jusqu’en 2022), l’aide apportée aux PME de banlieues et l’achat de divers palaces, la France continue son entier abandon entre les riches bras du Qatar.

Commercer avec n’importe quel pays, pourvu que celui-ci ait de l’argent, c’est depuis quelque temps la classique ritournelle de ceux qui nous gouvernent… Sans beaucoup d’états d’âme ni scrupules, car l’argent fait tourner les têtes.

Que le Qatar ne respecte pas les droits de l’homme ou qu’il soit fortement soupçonné de corruption (Mondial 2022) importe peu. Le plus grave est ailleurs. Le Qatar, tout comme l’Arabie saoudite, fait figure de principal soutien financier de l’EIIL (État islamique en Irak et au Levant), qui sème actuellement la terreur en Syrie et en Irak. Un peu comme une banque mondiale du terrorisme international

Quand la Russie est en cause, on brandit systématiquement la question des droits de l’homme et de la liberté, mais rien à redire concernant les pays du Golfe. En décembre dernier, François Hollande se réjouissait du fait que l’Arabie saoudite soit « le premier client de la France au Moyen-Orient » avec plus de 8 milliards d’échanges en 2013.

L’argent au-dessus de toute valeur morale et éthique… Nos dirigeants ferment donc les yeux, alors qu’au même moment, les chrétiens et les musulmans d’Irak et de Syrie se font massacrer par les djihadistes, ceux-là mêmes que nous avons directement ou indirectement soutenus !

Mais rien n’y fait : point d’ennemis là où l’argent prospère, quitte à pactiser avec le diable en personne. Nous ne sommes plus dans la realpolitik mais dans la politique du pire, dans la politique contre l’homme, dénuée de toute valeur morale ou éthique…

http://www.bvoltaire.fr/maximilienrichonet/relations-france-qatar-largent-prix,90732