GAZA : LES ORGANISATEURS DE LA MANIFESTATION PARISIENNE INTERDITE SAISISSENT LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF il y a une heure

Comme annoncé : le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), le Parti des indigènes de la République (PIR) et l’Union française juive pour la paix (UJFP), organisateurs de la manifestation parisienne de soutien à Gaza de demain, qui vient d’être interdite par la préfecture de police, ont saisi le tribunal administratif (TA) d’un référé liberté, pour demander, en urgence, la levée de cette interdiction.

 

 

Selon leur avocat: une telle décision constitue en effet «une atteinte grave et manifestement illégale» au «droit de manifester», qui a été, rappelle-t-il dans le mémoire qu’il a déposé devant le TA, reconnu «par de nombreux arrêts, tant au niveau du Conseil d’État que de la Cour européenne des droits de l’homme », comme «une liberté fondamentale».

D’autre part, explique-t-il : «il ne ressort nullement de l’arrêté» qui l’interdit «que la tenue de la manifestation présenterait, pour l’ordre public, des risques de troubles auxquels les autorités de police ne seraient pas à même de faire face par des mesures appropriées – étant précisé qu’il n’y pas d’autres manifestations prévues sur Paris demain après-midi».

En revanche : «Une manifestation sauvage aurait plus de risques de causer des troubles à l’ordre public qu’une manifestation encadrée par un service d’ordre et les forces de l’ordre.»

Après avoir pris la décision éminemment politique – et que rien ne justifiait d’un point de vue strictement sécuritaire, puisque les organisateurs, reçus hier, à leur demande, à la préfecture de police, étaient évidemment disposés à s’entourer des précautions nécessaires au double respect de «leur liberté de manifester» et des « mpératifs du maintien de l’ordre» : les pouvoirs publics se trouvent donc placés devant leur responsabilité.

Ils prennent le risque, en essayant d’empêcher, comme le déplore par ailleurs la Ligue des droits de l’homme, l’expression pacifique du «sentiment de révolte que provoque l’intervention militaire israélienne contre la population de Gaza», de nourrir une exaspération qui pourrait favoriser de possibles débordements : ceux-là même qu’ils prétendent prévenir, en privant des milliers de citoyens d’un droit fondamental.

Les organisateurs du défilé demandent donc au TA de suspendre l’interdiction qui vient de leur être signifiée, et d’enjoindre au préfet de Paris de «mettre en œuvre toutes les diligences de nature à assurer le respect de l’ordre public dans le cadre de la manifestation» : audience cet après-midi, à 18 heures 30.