Transformation de l’euro et émancipation vis-à-vis du dollar: vers une monnaie commune mondiale ?

Avec une reprise hésitante et chaotique lestée par un chômage considérable, des facteurs de nouvelles tensions s’accumulent annonçant l’imminence d’un prochain krach boursier et une récession bien pire que la crise des subprimes. De plus avec un dollar remplaçant l’or, l'Amérique s’ingère dans l’ensemble des affaires publiques de tous ses partenaires économiques. Elle impose ainsi sa politique monétaire au détriment de l'équilibre économique global ; ce que dénoncent avec sévérité les grands émergents qui envisagent d’autres options.

Mesures sans précédent de politiques monétaire et budgétaire pour sortir de la crise

Grâce aux interventions publiques massives, nationales et internationales, l’économie mondiale - au bord du gouffre début 2009 - est entrée dans une phase de rémission précaire dont il est difficile de prédire la durée. Elle reste rongée par un cancer financier dont les symptômes apparaissent déjà…

La nouveauté par rapport à la grande dépression de 1929 réside dans le caractère quantitatif impressionnant et simultané des réponses des États qui ont pris des mesures sans précédent de politiques monétaires et budgétaires. Ainsi les banques centrales - tout particulièrement la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), la Banque d‘Angleterre et celle du Japon – ont injecté des milliers de milliards de dollars dans le système financier tout en ayant recours à des mesures non conventionnelles. Elles ont donc largement utilisé la planche à billets, tout en lançant des plans de relance de ce même ordre de grandeur.

Comme ces appuis ont été accordés sans aucun changement dans les critères des aides publiques et du crédit bancaire, l’activité dégagée s’est faite sur un fond de difficultés persistantes du crédit.

Timide reprise sans emplois et sans crédits

Cette reprise se fait sans emplois au détriment d’immenses cohortes de chômeurs et de travailleurs précaires. De plus, elle s’est amorcée sans crédits car les banques ont utilisé les aides publiques pour reconstituer rapidement de fortes marges leur permettant ainsi de les rembourser au plus vite, tout en maintenant la même politique de forts bonus et de dividendes. Les PME et les investissements réels – seuls créateurs d’emplois et consommateurs de main-d’œuvre qualifiée et bien formée – restent les grandes victimes de cette soif de rentabilité financière - demeurée intacte malgré le récent chaos - facilitant les opérations spéculatives et les placements financiers.

Deux grands problèmes aux plans monétaire et financier apparaissent faisant craindre l’imminence d’un krach obligataire…

Politique de création monétaire massive responsable de l’émergence de bulles

Conjointement, la Fed, la Banque d’Angleterre et celle du Japon ont opté, en mars 2009, pour la méthode du « quantitative easing » soit une création monétaire imposante consistant à faire racheter par la Réserve fédérale des bons du Trésor des États-Unis et d’autres titres d’emprunt [1] tandis que le taux d’intérêt directeur a été ramené quasiment à zéro. La Banque centrale européenne (BCE), quant-à-elle, - privilégiant l’attractivité financière de l’euro – s’est contentée de mesures de prêts exceptionnelles tout en maintenant son taux directeur au-dessus de celui pratiqué par la Fed.

Les banques centrales - en créant de la monnaie - abreuvent les marchés boursiers d'immenses liquidités ce qui alimente de nouvelles bulles sans la contrepartie du développement des capacités humaines. Ces dernières  nourrissent certains compartiments de marchés des matières premières et de l’énergie. Elles profitent ainsi du déséquilibre structurel persistant entre l’offre et la demande dans ces marchés du fait de la pression des besoins populaires sur des capacités rationnées par les exigences de rentabilité financière. On conditionne donc une reprise ayant pour résultat une multiplication des profits des capitalisations boursières. Il en résulte une radicalisation de la concurrence mondiale telle que si une nouvelle vague d’investissements réels arrivait à se former, elle s’effectuerait au détriment de l’emploi et du développement des compétences humaines [2]. Ceci renforcerait l’insuffisance de la demande globale et entretiendrait la croissance financière des capitaux.

Dans ces conditions, des politiques monétaires très accommodantes accentueraient une nouvelle exacerbation de la crise systémique avec un éclatement bien plus violent de la suraccumulation de capital. Ainsi ces banques centrales se trouveraient confrontées à un dilemme pour la sortie de crise car, dans une conjoncture apaisée, elles chercheraient à éponger les énormes quantités de liquidités déversées sur les marchés en relevant leurs taux d’intérêt directeurs. Cela pourrait déstabiliser les marchés financiers où le cours des actifs évolue en fonction inverse des taux et arrêter nette la reprise du fait d’un argent devenu trop cher relativement au potentiel rentable.

Eventualité d’un krach obligataire impliquant les États et les endettements publics ?

Tandis que les banques centrales inondaient les marchés de liquidités, les États s’endettaient lourdement pour sauver les banques de la faillite, soutenir les profits et les capitaux des entreprises tout en effectuant des dépenses d’accompagnement social.

Selon l’agence de notation financière Moody’s, la dette souveraine mondiale atteignait 49.500 milliards de dollars (€ 33.755 milliards) rien qu’en 2009 exacerbant une ampleur du chômage et du sous-emploi devenue telle qu’elle a entraîné un manque de vigueur de la reprise depuis 2010. Ceci a obligé les États à continuer à emprunter massivement pour financer les déficits budgétaires. Il s’est ainsi émis – rien que pour la période 2009-2010 - environ € 1.000 milliards de nouveaux titres d’emprunts souverains en zone euro contre 2.000 milliards de dollars aux États-Unis. Il faut ajouter à cela les demandes d’emprunts des agents privés, portées par de nouveaux besoins d’investissements éventuels face à la concurrence. Les détenteurs de liquidités sur les marchés pourront-ils absorber de telles quantités de titres publics et privés ?

Malgré des liquidités considérables, se développent - sous la pression conjuguée de la rentabilité financière, de l'insuffisance de la demande et des qualifications - d’énormes potentiels de productivité nouvelle et de technologies informationnelles permettant aux entreprises de dépenser beaucoup moins en salaires et en équipements pour un même résultat utile. A cela s’ajoute une formidable spéculation alimentée par l’anticipation des investisseurs d’un resserrement des politiques monétaires. Ces dernières feraient remonter les taux d’intérêt sur toutes les échéances et reculer les cours obligataires. Ceci accentue la rivalité entre États et zones pour attirer leurs capitaux. Il faut donc s’attendre à la redoutable perspective d’un krach obligataire de grande ampleur - différent de la crise de 2007-2008 - impliquant les États et les endettements publics.

Antagonismes internationaux autour du dollar, du yuan et de l’euro

Ce contexte développe les antagonismes internationaux, tout particulièrement autour des relations entre le dollar, le yuan et l’euro mis en évidence par la guerre des monnaies.

Le taux d’intérêt de la Fed étant proche de zéro rend le billet vert quasi-gratuit et permet alors aux spéculateurs d’en emprunter massivement pour les placer simultanément sur d’autres devises - comme l’euro - ou sur des actifs plus rentables - comme l’or -. Ce « carry trade », consistant à spéculer en profitant d’un différentiel de rendement, précipite la baisse de valeur de la monnaie américaine sur les marchés de changes. Ceci accentue une tendance baissière de cette dernière ancrée à des causes fondamentales dont les principaux facteurs sont l’ampleur du déficit des transactions courantes et le violent freinage de la demande intérieure de ce pays. Cela s’ajoute à l’augmentation du déficit public et de la dette interne des États-Unis sous l’impact d’un plan de relance beaucoup plus important qu’en Europe.

L’Oncle Sam s’appuie ainsi sur la faiblesse du dollar pour soutenir son économie par les exportations, tout en bénéficiant de conditions avantageuses pour financer son déficit et permettre les achats de ses titres publics par les pays émergents, Chine en tête. Cette dangereuse situation n’est tenable que si Pékin et Tokyo continuent de recycler leurs énormes réserves en billets verts en achats de bons du Trésor US. Or ceci commence à changer !

Désindexer progressivement le Yuan du dollar

Sous la pression des multinationales, l'État chinois a choisi de maintenir la compétitivité de ses exportations afin de soutenir une croissance que la demande interne seule ne pouvait assurer. De plus, ce pays a réinvesti ses réserves en titres du Trésor américain contribuant, de concert avec la politique hyper-accommodante de la Fed, à maintenir le taux de change du dollar alors même que la situation des finances publiques US se détériorait fortement.

Néanmoins, les autorités chinoises – afin d’échapper aux risques systémiques inhérents de la devise américaine - sont à la recherche d'une solution leur permettant de s'extraire de ce face à face. Elles souhaitent ainsi donner un rôle plus important aux DTS (Droits de Tirages Spéciaux du FMI) qui ont le potentiel pour devenir monnaie de réserve internationale. Elles sont appuyées en ce sens par la Russie, l’Amérique latine et même par la Commission Stiglitz et la CNUCED malgré les déclarations de Washington certifiant le dollar comme monnaie de référence établie.

Les grands acteurs de l’économie globale expriment ainsi leur disponibilité pour construire une alternative à l’omniprésence du dollar. En effet, ce dernier permet aux États-Unis de s'endetter de plus en plus auprès du monde entier en se contentant d'émettre de nouveaux billets verts en guise de remboursement. De plus, ce monopole est adossé à un très bas niveau d'imposition des entreprises US qui voient ainsi leurs coûts réduits car totalement déresponsabilisées au plan social [3]. Ce pays peut ainsi pratiquer des taux d'intérêt plus faibles pour le crédit bancaire tout en ayant le marché financier le plus fort à l’international. Un tel trou noir dans l'univers financier permet d’attirer des capitaux de l’ensemble de la planète en rendant très profitable aux étrangers le rachat d’entreprises et les investissements sur le territoire américain. Mais cela tend à développer des contradictions de plus en plus radicales.

Poussée des pays émergents : DTS et SUCRE

Ainsi, la tendance structurelle à la baisse du dollar, au-delà des fluctuations passagères, annonce la fin du binôme dollar-pétrole [4], si fondamentalement inflationniste. Car la chute du billet vert oblige les pays exportateurs à remonter leurs prix,- exprimés en monnaie américaine - afin de maintenir le pouvoir d'achat de leurs exportations. Cependant, ces réajustements, eux-mêmes responsables de spéculations répétitives et de difficultés persistantes pour la croissance, n'empêchent plus le pétrole de perdre en pouvoir d'achat par rapport à d'autres matières premières encore plus spéculatives ou reconnues valeurs-refuges, comme l'or.

Récemment six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Koweït, Qatar, Oman, Émirats Arabes Unis) auraient envisagé avec la Chine, la Russie, le Japon et la France de remplacer cette devise par un panier de monnaies incluant le yen, le yuan, l'euro, l'or et une monnaie commune du Golfe qui serait créée à cet effet. Ce dispositif devrait se mettre en place à partir de 2018, ce métal précieux servant entretemps de monnaie de transition. Ceci renforce la spéculation à la baisse du dollar et à la double hausse, du métal jaune et de l'euro.

Le baril de brut serait ainsi référencé sur un panier de devises. Néanmoins, les acteurs du marché de l’or noir chercheront à éviter un effondrement catastrophique du billet vert tant ils sont dépendants de cette monnaie et de la croissance américaine elle-même. Mais tous – pétromonarchies, Iran, pays exportateurs du Maghreb ou d'Amérique latine, Chine - sont à la recherche d'un scénario viable de substitution effective permettant de s’en passer comme monnaie commune mondiale établie.

Ainsi l’Amérique latine après la création de la Banque du sud [5] – et ce contre les orientations du FMI -a créé le SUCRE (Système Unitaire de Compensation Régionale) [6] conçu pour devenir un instrument de conquête de la souveraineté monétaire et financière, éliminer la dépendance au billet vert dans le commerce régional, réduire les asymétries et consolider progressivement une zone de développement partagé. Il devrait fonctionner sur la base d'un accord de compensation multilatérale, inspiré de l'Union européenne des paiements et du projet Keynes « d'International Currency Union » (conférence de Bretton-Woods du 20 juillet 1944), du « bancor », comme monnaie universelle. Le SUCRE serait ainsi appelé à devenir une monnaie commune de crédit, uniquement détenue par les banques centrales et dont le taux de change pour les pays de la zone, ainsi que ceux à l’extérieur de cette dernière, devrait être fixe mais révisable régulièrement en fin de période. Il contribuera ainsi à annoncer la chute d’un système monétaire international organisé autour du dollar avec un rattachement nominal à l'or.

Alliance éventuelle entre l’Europe et les grands émergents ?

Un rapport de forces est à construire en raison d'un effondrement catastrophique du billet vert résultant de la guerre des monnaies en cours au bilan déjà très meurtrier. Ainsi, les autorités de Washington se verront contraintes d'accepter de transformer le système monétaire international actuel en substituant au dollar une véritable monnaie commune mondiale de coopération à partir des DTS. Il faudra, pour cela, une nouvelle grande alliance entre les pays émergents et l'Union européenne, avec un euro, lui-même transformé, qui enregistre, pour le moment, une tendance à la hausse de son taux de change due au recul de la devise US et des monnaies qui y sont indexées comme le yuan.

Cette évolution – couplée à une reprise particulièrement lente – a, pour les pays membres ou candidats à l'euro, des conséquences analogues à celles d'un durcissement monétaire entraînant de fortes tensions. En effet, durant la crise financière, les imposants rapatriements de capitaux aux États-Unis ont créé des flux internationaux favorables au dollar. Puis, un retournement a permis une sensible appréciation de l'euro entre mars et août 2009. Cette dernière a continué, portée par une envolée significative des entrées nettes de capitaux au titre des investissements de portefeuilles, les investissements directs connaissant, eux, une sortie nette tout aussi conséquente.

Profondes divergences entre pays membres de la zone euro et montée des luttes populaires

La tendance à l'appréciation de l'euro est liée aux mouvements fondamentaux du dollar et au dogmatisme monétariste de la BCE d’un euro fort visant à attirer les capitaux financiers. C'est dans ce contexte que les difficultés persistantes de la Grèce ont mis à jour de profondes divergences entre pays membres de la zone euro. Une Europe du sud - Espagne, Grèce et Portugal en tête – s’oppose à une Europe du nord aux finances publiques moins dégradées, menée par l’Allemagne dont les énormes excédents commerciaux renforcent son statut de créancier de la zone, France comprise [7]. La fragilité des « PIGS » (acronyme américain pour Portugal, Italie, Grèce et Espagne) handicape toute la construction de l'euro telle qu'elle a été engagée et confirmée avec le traité de Lisbonne.

La reprise mondiale n’est pas suffisamment porteuse pour que les investisseurs se positionnent sur les titres de dette publique des pays membres [8]. Les liquidités surnuméraires iront vers le secteur privé actuellement en phase de désendettement. De plus, la concurrence pour attirer les capitaux afin de développer l'appui d'État aux multinationales va beaucoup s'accentuer alors même que, simultanément, chaque État va devoir affronter une montée des luttes populaires.

Transformation de l'euro et réorientation de la politique monétaire de la BCE ?

Cet entêtement à faire de l'euro un tremplin pour la rentabilité financière des capitaux, dans une rivalité d'attraction avec le dollar, risque de fragiliser et de diviser encore plus la zone face aux coups de boutoir des États-Unis et des multinationales. Ceci l'amène à contribuer encore plus à la suraccumulation mondiale de capital et à son possible éclatement futur.

On pourrait avoir une paix armée entre pays émergents - Chinois en tête - et Américains, au détriment des Européens, au terme d’une succession de dépréciations du billet vert et du yuan faisant risquer l'implosion de l'euro. Ou alors assister à l’explosion de l’ordre économique et monétaire international actuel avec l’effondrement de la devise US, sans autre alternative, en raison du conflit existant.

Plus probablement, les dirigeants américains, face au risque d'effondrement du dollar et à un rapprochement entre les pays émergents et l’UE, conjugués à la menace d'un retrait des capitaux chinois et des exigences sociales de tous ces peuples - outre-Atlantique inclus – accentué par une protestation mondiale accrue contre leur domination, se verront contraints de négocier une réforme profonde du système monétaire international. Ceci est d'autant plus réaliste, qu’apparait désormais, une émancipation vis-à-vis du billet vert avancée par des forces crédibles d'une monnaie commune mondiale de coopération à partir des DTS tandis que naît, de partout, le besoin de monnaies zonales.

Il devient nécessaire de transformer l’euro en réorientant la politique de la BCE. Elle devrait moduler l'évolution de ses taux d'intérêt pour refinancer les banques ordinaires et accompagner une relance des dépenses de services publics - en Europe - par la prise de titres d'emprunts d’État réservés à ce seul effet. Cela pourrait s'ancrer à la promotion d'un pôle financier national regroupant des fonds publics régionaux dans chaque pays. L'ensemble devrait permettre l'essor d'un nouveau crédit sélectif pour les investissements matériels et de recherche des entreprises. Son taux d'intérêt serait nul voire négatif, afin que les investissements ainsi financés créent plus d'emplois et de formations correctement rémunérés. Il serait relevé pour pénaliser les crédits servant aux placements financiers et à la spéculation. L’implosion et la pression des mouvements sociaux et populaires seraient ainsi évitées.

Mise en place d'une nouvelle monnaie commune internationale ?

Les États-Unis avec leur dollar aussi solide que l’or – en imposant une politique monétaire au détriment de l'équilibre économique global et en s’ingérant dans les politiques intérieures de tous leurs partenaires économiques - ont introduit encore plus de chaos en diffusant des risques financiers à l'international et en instiguant des tensions régionales... Résultat : la planète est encore en train de chercher comment s'extirper d'un désastre économique résultant de la voracité des marchés de Wall Street. Plus récemment, l’affrontement démocrates / républicains à Washington sur le budget fédéral et le plafond de la dette a mis en danger ses partenaires économiques surchargés de valeurs en dollar. Aussi, Il ne faut plus que la destinée de tous reste entre les mains d'un seul pays - fut-il un État-continent -. Par conséquent, un nouvel ordre mondial doit s’instaurer.

Les économies émergentes et les pays en développement souhaitent se faire entendre de façon à mieux refléter les transformations du paysage économique et politique actuel. Ceci induit la mise en place d'une nouvelle monnaie de réserve internationale pour remplacer le dollar américain. Le monde économique sera ainsi tenu éloigné des désordres politiques intérieurs des États-Unis qui ne seront pas écartés afin que Washington puisse jouer un rôle plus constructif.

La Russie – soutenue vigoureusement par la Chine, par ses autres partenaires BRICS comme le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud, mais aussi par une bonne partie du monde – travaille à un changement monétaire, par le biais de l'or, de l'argent et de la réforme monétaire.

Ceci pourrait marquer la fin de la suprématie de l’Oncle Sam et de l’économie de marché des grandes démocraties…

 

[1] En quelques mois, le bilan de la Fed est ainsi passé de 1 000 à 2 000 milliards de dollars.

[2] La mobilisation d’une nouvelle génération de technologies informationnelles - dont elle s’accompagnerait - servirait plus que jamais à économiser sur les dépenses en moyens humains et matériels, accentuant l’insuffisance de la demande mondiale et entretenant la croissance financière des capitaux.

[3] Couvertures santé et retraite sont, pour l'essentiel, à la charge de chaque individu aux USA.

[4] Le dollar, qui s'était effondré face à l'euro, a repris des couleurs dans des proportions inversement proportionnelles à la baisse de l'or noir.

[5] La Banque du Sud est le nom donné à une nouvelle institution régionale latino-américaine crée en 2006 à l'initiative de l’Argentine et du Venezuela rejoints depuis par cinq autres pays fondateurs : le Brésil, la Bolivie, l’Equateur, l’Uruguay et le Paraguay en 2007, afin d’établir les grandes lignes de la nouvelle architecture financière régionale. Le Chili et le Pérou pourraient rejoindre cette banque. L’objectif affiché est de construire une meilleure intégration sud-américaine, façonner un espace consacré à la promotion du développement économique et social, réduire les asymétries, diminuer la pauvreté et l’exclusion sociale, contribuer à la convergence et à la complémentarité des processus d’intégration économique. Ce projet s'adresse aussi aux pays non-alignés, asiatiques et africains.

[6] Le 16 octobre 2009, en effet, à Cocachamba (Bolivie), le VIIème sommet des membres de l'Alliance bolivienne pour les Amériques (ALBA) a donné le coup d'envoi au « Système Unitaire de Compensation Régionale » (SUCRE).

[7] Ces différences sont notées sur les marchés financiers où sont émis les titres de dette publique. Ainsi une dette jugée plus risquée, i.e. la dette grecque, est assortie d'une prime (spread) plus élevée, relativement aux emprunts de l'état allemand. Si ce « spread » avec la dette souveraine allemande est beaucoup plus faible pour les titres français, il n'en demeure pas moins effectif. Ceci incite les différents gouvernements français à rationner les dépenses de services publics, s'attaquer à la protection sociale en France et chercher à faire accepter par les salariés et les chômeurs un nouvel impôt sur la consommation des ménages au nom de la lutte contre le réchauffement climatique. Le risque d'un non remboursement, à terme, de sa dette par l'Etat grec a entraîné récemment des remous sur le marché et sur l'euro. Ainsi de très fortes pressions politiques ont été exercées sur la Grèce afin qu’elle se résigne à accepter de nouvelles mesures de super-austérité. Pourtant aucun texte du traité de Lisbonne ne mentionne de plan de la solidarité avec un pays membre en difficulté. Néanmoins, les dirigeants de la zone euro, l'Allemagne et la BCE en tête, proclament que nul ne lâchera la Grèce.

[8] La dette publique totale émise dans cette zone devait culminer à 1.000 milliards d'euros en 2010 contre 650 milliards d'euros rien qu’en 2008.

http://blogs.mediapart.fr/blog/maxencedagher/100814/transformation-de-l-euro-et-emancipation-vis-vis-du-dollar-vers-une-monnaie-commune-mondiale