Valls ce sont tes amis qui vont s'occuper de ton cas, et beaucoup d'entre eux ont quelques comptes à régler

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Manuel Valls va rapidement manquer d’air et d’espace

Manuel Valls a tout tenté depuis vendredi pour tenter de récolter le maximum de soutiens. Son équipe de campagne a travaillé très tard pour effectuer un phoning national d’enfer tapant tous azimuts et dès samedi des milliers de mails sont partis pour inviter à une réunion montée en toute hâte à la Maison de la Chimie. Il faut absolument priver les autres de cet appui indispensable que constitue le réseau encore très serré des élus locaux, départementaux, régionaux. Pour le nationaux il y a longtemps que les repas du mardi soir à Matignon avaient servi à collecter les soutiens des Hollando-sceptiques ! C’est l’affolement depuis que Vincent Peillon a annoncé sa candidature… car il va chasser sur les terres dévolues à l’ex-premier ministre!

Le plan de bataille patiemment bâti par les stratèges maintenus autour de lui après son départ de Matignon, avait jusque là parfaitement fonctionné. Ils avaient pas à pas ; déclaration après déclaration poussé François Hollande vers une retraite anticipée historique. Une communication maîtrisée, un recadrage du discours, uns sortie sur le terrain symbolique : sa candidature aux primaires montait ne puissance dans un espace politique largement ouvert ! Il s’agissait maintenant essentiellement de se mettre en rupture rapide et brutale avec le quinquennat ! Le chemin tracé vient de se perdre dans le dédale des tendances du Parti Socialiste.

Manuel Valls, n’hésite pas un seul instant : il se présente comme le candidat de «la révolte» en sous-entendant qu’il n’a fait qu’obéir aux orientations de François Hollande. En fait brutalement le château des cartes que possédait l’ex-Premier Ministre s’est effondré. En effet il est pris sous les feux croisés directs ou indirects de ceux qui pouvaient encore faire son succès. Et cette semaine sera décisive car ce sera celle de tous les dangers car alors qu’il pensait être seul face aux « frondeurs » il voit le pactole que représentait une mobilisation militante des « loyaux » se dissiper avec l’arrivée de Vincent Peillon. Comment va-t-il combattre à la fois sur sa droite (Macron), sur sa gauche (Montebourg, Hamon) et sur sa ligne (Peillon), seul contre tous ? Sa « révolte » peu crédible va devenir une bagarre à la Sarkozy et bien des participant(e)s aux primaires vont se déplacer pour d’une manière ou d’une autre régler leurs comptes avec lui !

Sur le plan institutionnel il va vite se trouver isolé face au président de la République totalement libre de ses déplacements et surtout de leur thème. Médiatiquement François Hollande va sans intervenir dans les primaires par la tonalité qu’il va donner à sa présence sur le terrain ainsi qu’à la teneur de ses discours. L’Elysée va prendre un certain plaisir à s’emparer de sujets qui peuvent mettre en difficulté celui qui est considéré au Palais comme Iznogoud ! A Valls de se dépêtrer dans les débats face à une demi-douzaine de candidats ne lui ayant jamais fait de cadeaux des séquelles de mesures comme la déchéance de la nationalité, la loi travail, l’utilisation du 49-3, le CICE… que plus personnes à part lui ne peut assumer.

Bernard Cazeneuve pour sa part, ne lui fera aucun cadeau surtout après les propos tenus la lors de la passation de pouvoir où la phrase sur les « successions » n’a pas été des plus heureuses. Croire que le nouveau Premier Ministre va gérer les affaires courantes c’est se tromper lourdement. Il a la carrure pour devenir incontournable. Il saura vite trouver des angles d’attaque différents sur des sujets bloqués comme les relations avec les collectivités territoriales, le loi rectificative budgétaire 2016, le dialogue social… Sa déclaration fondant l’action gouvernementale va être le contre-pied de la méthode Valls ! D’autres ministres ne vont pas se priver d’exister en ressortant des projets mis sous le boisseau par l’autoritarisme de Valls et de son entourage ! Les alliés ne seront plus très nombreux !

Sur son créneau sur le front su social-libéralisme a été pris de vitesse par Macron dont le meeting a fait sensation sur la forme et sur le fond. Illico Ségolène Royal qui nourrit une aversion personnelle contre contre celui qui ne l’a jamais considérée, selon elle, à sa juste valeur, a vite sabordé le départ de Valls avec une déclaration subtile. En sous-entendant qu’elle pourrait rejoindre Macron elle a bloqué les élus de son camp tentés par un ralliement trop rapide. Martine Aubry et Anne Hidalgo vont inciter leurs soutiens à partir chez Peillon. Montebourg et Hamon ont déjà leurs signatures et fourbissent leurs armes. Les Hollandais vont traîner des pieds si l’on se fie aux déclarations du genre « eau tiède » de Julien Dray ! Dans ce contexte il y a eu affolement chez les « Vallseurs » localement et nationalement. On a pressé tout le monde de se rallier au panache blanc de celui qui est encore le mieux placé, comme l’était… Alain Juppé dans les sondages. Les primaires vont ressembler à un puzzle politique sans aucune pièce constitutive de la solution idéale. Une question commence à tarauder certains des fans de l’ancien premier ministre : ne devait-il pas passer son tour en 2017 et se présenter plutôt comme le sauveur potentiel ? C’est trop tard !