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🇸🇾 - 🇷🇺 La guerre en Syrie pour les nuls ! Comme moi...

Le conflit en Syrie, tout le monde en parle, peu de gens sont réellement informés, mais cela nous touche pour pleins de raisons.

Qui c'est  Les méchants ?

Et les gentils ?

Et pis Pourquoi ce conflit dure si longtemps ?

Rappel des faits avec une pointe de sarcasme...

Historiquement, la Syrie est alliée de la Russie et de l'Iran, pays stratégiquement très importants d'un point de vue énergétique et par conséquent militaire.

Le pays est divisé en plusieurs communautés les alaouites (une branche de l'islam), les sunnites, les Kurdes, les chrétiens et les yézidis.

Dans le contexte des Printemps arabes qui ont vu la chute successive des gouvernements tunisiens, égyptiens et libyens, la Syrie a elle aussi été en proie à une « révolte » de terroristes orchestrée et financée depuis l'étranger.

Résultat  le gouvernement du méchant de l'histoire, Mr. Bachar al-Assad, se défend.

Anecdote 

Mr. Bachar avait deux possibilités quant aux projets de gazoduc en Syrie dans l'optique d'un plan énergétique très lucratif sur le plan international.

Première possibilité  l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.

Seconde possibilité  l'Iran. Puisque Bachar est méchant, il a choisi la seconde possibilité.

Les choses ont commencé à merder sérieusement en Syrie après ça.

Mais c'est sans doute une coïncidence.

Conséquence  l'Occident décide que la Syrie a soudainement besoin de plus de démocratie.

Les médias vendent donc à l'opinion publique une intervention, directe ou indirecte, en Syrie et font état de crimes de guerre apparemment commis par « le Régime » (oui, c'est ce qu'un gouvernement démocratiquement élu devient lorsqu'il est considéré comme gênant), avec notamment le prétendu usage de gaz toxique par l'armée syrienne contre, ne riez pas... elle-même dans la banlieue de Damas.

Il faut donc agir, pour la paix, les droits de l'Homme.

Les recruteurs de terroristes, tolérés par nos dirigeants, voire encouragés comme l'avait fait par exemple Laurent Fabius, relayeront sans sourciller la propagande saoudienne contre le gouvernement syrien.

L'objectif initial était de destituer le méchant Mr. Assad en armant des terroristes qualifiés de « modérés » puis, une fois le pays devenue une démocratie, d'organiser des élections avec un CNT (conseil national de transition, comme en Libye) et tous les Syriens allaient pouvoir danser en cercles autour d'une colombe blanche géante en chantant « We are the world ! ».

Le moyen le plus rapide et le plus facile eut été d'attaquer frontalement la Syrie afin de mettre au pouvoir les « modérés ».

Seulement, voilà.

La Russie et la Chine ne sont pas d'accord, et Obama, prix Nobel de la paix (donc un gentil) décide finalement de ne pas intervenir militairement en Syrie pour sauver le peuple syrien massacré par le méchant Mr. Assad.

À ce stade du conflit, il existe donc à priori deux camps en Syrie  les forces loyalistes de l'Armée Syrienne (les méchants) et les rebelles (les gentils).

Après 3 ans de conflit, les rebelles sont toujours incapables de déboulonner le gouvernement syrien, et ce dernier n'arrive pas non plus à venir à bout des poches de rebelles, puisque ces derniers reçoivent soutien logistique, renseignements militaires de la part des pétromonarchies régionales et de l'Occident (les gentils).

Ces gentils sont tellement gentils qu'ils reçoivent le soutien officiel de saints hommes tels que Laurent Fabius et Bernard-Henri Levy.

La grande classe !

Autre faction armée à avoir reçu le soutien de BHL himself  les Kurdes peshmergas, qui ont tenté de tirer leur épingle du jeu en formant une sorte d'autonomie dans le nord du pays.

Les Kurdes, c'est des gentils, puisqu'ils combattent les terroristes et qu'ils ne sont pas spécialement pro-Bachar.

Mais ils s'en prennent aussi à la Turquie, pour une sombre histoire de génocide.

Du coup, la Turquie s'en prend à eux, quitte à fragiliser les positions kurdes en Syrie.

Mais en fait, les gentils sont pas si gentils que ça...

Les rebelles, armés par l'Occident et les pétromonarchies régionales, sont, de l'aveu même des journalistes d'investigation de France Télévisions, pas si modérés que ça...

En fait, il faut être expert en neurochirurgie pour différencier le degré de modération des rebelles modérés (les gentils) et des non modérés (les méchants).

Exemple  le crâne fendu d'un bébé syrien après un attentat à Damas.

Le degré de gentillesse est déterminé selon la coupe longitudinale ou transversale (enfin, c'est du langage de spécialiste, tout ça).

Retenez juste qu'il existe des gentils rebelles et des méchants rebelles.

Pour mieux les différencier, ils ont eu l'idée de fonder l'État islamique, une sorte de territoire à cheval sur l'Irak (où les États-Unis ont importé la démocratie et tout le tralala, souvenez-vous) et la Syrie où, le hasard faisant parfois bien les choses, les rebelles se retrouvent également.

Devenus célèbres mondialement pour leur capacité à décapiter sauvagement des journalistes, brûler des soldats ennemis et souiller l'islam, cette armée forte de quelques dizaines de milliers d'hommes en été 2014 (issus du chaos laissé par les États-Unis en Irak, de modérés syriens radicalisés et de banlieusards paumés provenant des ghettos européens) conquirent, avec l'armement étasunien et beaucoup de publicité dans les médias occidentaux, de vastes portions de la Syrie et de l'Irak.

Principalement du sable, mais ça compte quand même, parce qu'il peut y avoir de l'or noir dessous.

Le rapport de force change donc drastiquement 

Alors que l'armée syrienne, le Hezbollah libanais et des conseillers militaires iraniens tiennent tout juste bon face à cette armée plurinationale atlanto-saoudo-sioniste qui entre le plus souvent en Syrie via la passoire frontière turque et part tuer des musulmans au nom de l'islam, ces groupements djihadistes (qu'on peut résumer en trois principaux groupes  Daech, le Front al-Nosra et les modérés gentils mais pas toujours modérés) se rapprochent dangereusement d'une victoire contre les gouvernements syrien et irakien.

Il faut dire que les forces loyalistes, les militants du Hezbollah et les conseillers iraniens sont régulièrement la cible de bombardements israéliens.

C'est à cet instant précis que la Russie, qui est alliée de Damas et pour qui le port de Tartous revêt une importance cruciale d'un point de vue stratégique, entre dans la danse.

Petite parenthèse

Le Front al-Nosra, c'est une sorte de branche syrienne d'Al-Qaïda, l'organisation terroriste mondiale qui, selon la version officielle, est responsable du 11-Septembre, alliée de Saddam Hussein en Irak, présente en Libye, en Égypte, en Tunisie et dans tous les bons kiosques.

A priori, des méchants donc.

Mais Al-Qaïda les excommunie parce qu'ils les trouvent trop extrémistes !

Cela tombe bien, puisque al-Nosra a décidé récemment de renier ses origines (Al-Qaïda) pour faire peau neuve et se racheter en quelque sorte une virginité.

Un divorce dans les règles, comme on aimerait en voir plus souvent !

Appelez-les désormais Front Fateh al-Cham.

Mais Al-Nosra, c'est bien aussi  c'était plus facile à retenir, d'ailleurs.

Les États-Unis doivent ignorer ce petit détail, puisqu'ils préfèrent les soutenir eux, plutôt que le gouvernement syrien (qui est très méchant, pour rappel).

Mais ce changement de nom a aussi une raison d'ordre pratique  les accords sur le cessez-le-feu conclus entre la Russie et les États-Unis ne prévoient pas d'exclure Al-Nosra des bombardements.

Mais le Front Fateh al-Cham, lui, est intouchable. Chat perché !

Quand on dit « accord entre les États-Unis et la Russie », ce n'est pas une faute de frappe 

C'est en effet une guerre par procuration qui a lieu en Syrie.

Un peu comme une partie de Call of Duty  le serveur, la carte, c'est la Syrie.

Les soldats, ce sont des vrais personnes qui ne meurent qu'une fois.

Pas moyen de faire cesser leur hémorragie cérébrale avec un défibrillateur, ni de revivre une fois mort.

Bon, si t'as de la chance, tu réapparais dans un hôpital israélien en plein cœur du Golan syrien occupé.

Autant dire que si les graphismes sont beau et l'intrigue palpitante, la durée de vie laisse à désirer à cause du niveau de difficulté.

Cet accord a malheureusement sauté, comme beaucoup de choses en Syrie.

En cause  il n'y a que l'armée syrienne qui a joué le jeu.

Et puis surtout, l'armée syrienne (très méchante) a été bombardée consécutivement par Israël (toujours gentil, laisse tomber, ce n'est pas négociable) dans le Golan (à Kuneitra) et par l'armée étasunienne (les gentils) lors d'une offensive de l'armée syrienne (les méchants) contre Daech (les très méchants).

Une erreur qui a duré une heure, mais c'était une erreur, croix de bois croix de fer...

Quoi, ça ne vous arrive jamais de préparer pendant des jours une opération puis de la foirer complètement pendant une heure ?

Bah voilà !

Du coup, l'armée syrienne a fini par ne plus respecter non plus le cessez-le-feu... mais c'est de bonne guerre !

OK, toute l'équipe sort.

C'est problématique puisqu'à Alep, zone où inexplicablement, 80 % de la population préfère vivre sous la protection des méchants soldats de l'armée syrienne et 20 % en territoires rebelles, la situation humanitaire est catastrophique.

L'aide humanitaire a du mal à s'acheminer, entre les rebelles qui se servent des convois pour progresser et ceux qui utilisent les civils comme boucliers humains, et entre les bombardements syriens ou russes.

Les images qui nous parviennent sont bien souvent intenables.

Chaque camp agit dans son sens  les Syriens, Russes, Iraniens,
pour écraser définitivement les poches de terroristes, et les Occidentaux en tentant d'obtenir des cessez-le-feu de type « Prend ça dans ta gueule !

CHAT PERCHÉ !

Tu peux pas me toucher, y'a un cessez-le-feu, p'tite bite ! , ce que le gouvernement syrien et ses alliés n'acceptent pas, étrangement.

Salauds !

Et les gamins qu'on voit dans les vidéos tournées par les casques blancs, hein ?

Tyrans ! Dictateurs ! Ô tristesse, ô infamie !

Les Casques Blancs, ce sont des secouristes instrumentalisés par le camp des gentils pour que le camp des méchants soit vaincu.

C'est un peu comme la Croix Rouge, une sorte d'ONG neutre qui joue le jeu d'un des deux camps tout en restant neutre.

Comme souvent, le fric n'arrive pas forcément dans les bonnes mains, et l'aide ne parvient pas forcément aux bonnes personnes.

C'est ce que prétendent les méchants Syriens et les méchants Russes, donc c'est sans doute faux.

D'ailleurs, ces thèses sont relayées dans tous les médias alternatifs (qui ont pourtant souvent raison, même si ce sont des méchants complotistes).

Et puis même si c'était vrai, les méchants, c'est Mr. Bachar et Mr. Poutine, pour rappel, parce qu'ils tuent des modérés.

Il se trouve que même les Chinois, qui fabriquent pourtant d'excellents smartphones à des prix imbattables, prennent le parti des méchants.

En gros, les seuls à ne pas prendre le parti des méchants, ce sont les gouvernements des États qui auraient, selon les médias conspirationnistes, armé, financé et soutenu militairement (et parfois même soigné et accueilli sous régime d'asile politique) les « modérés » (les gentils) et les « moins modérés » (les presque pas méchants).

C'est assez injuste de les laisser tous seuls soutenir les gentils  y'a qu'à voir ce qu'ils ont accompli par le passé pour finir de se convaincre qu'ils ont sans doute raison.

On pense notamment à l'Afghanistan pacifié, à l'Irak pacifié, à la Libye pacifiée, à la Tunisie pacifiée, à l'Égypte pacifiée, et encore bien d'autres pays où le peuple est désormais bien heureux de vivre en démocratie.

Youpi !

Comme si cela ne suffisait pas, la Turquie, qui a autrefois fait entrer des milliers de terroristes en Syrie, semble avoir changé de camp.

Du coup, Erdogan est devenu méchant.

Il a dû se radicaliser la nuit du putsch manqué, ce salaud de gentil devenu méchant...

Une radicalisation expresse qui ne déplairait pas à Bernard Cazeneuve (un gentil) !

En parlant de radicalisés, il se trouve que la plupart des attentats commis en Europe et ailleurs l'ont été par des anciens gentils devenus pour le coup méchants.

Un attentat, ça fait des morts, souvent.

Du coup, l'opinion publique occidentale en a marre de voir des barbus partout, des voiles.

Surtout depuis que les énormes vagues migratoires qui ont suivi la chute des gouvernements pendant les Printemps arabes ont entrainé un chaos dans la région et donc un afflux de réfugiés en Méditerranée.

Qui aurait pu prévoir que détruire leurs pays allait les pousser à échapper à une mort certaine aux mains des terroristes qui pullulent désormais dans leurs pays en l'absence d'un État fort ?

Alors bon, Mr. Assad n'est pas un saint, Mr. Poutine non plus, mais en relisant ce petit guide de la guerre en Syrie, il faut avouer qu'ils ont l'air moins méchants que certains soi-disant gentils.

Entre cette révolte menée par des terroristes à la solde de l'empire (les Frères Musulmans, Al-Nosra, Daech et autres rebelles « modérés »), leurs commanditaires, le choix logique aurait été d'opter pour « le moindre mal », c'est-à-dire Mr. Assad.

Son pays se portait très bien économiquement jusqu'à ce qu'il soit plongé dans le chaos par l'ingérence étrangère pour les raisons que l'on connaît désormais  l'importance géopolitique et énergétique de la Syrie aussi bien pour les États-Unis que pour la Russie, qui se disputent la place de maître du monde, que pour les États avoisinants pour des raisons d'ordres financier et géopolitique également, mais également pour des raisons d'ordre religieux (le conflit sunnite-chiite, l'appât du gain, ou encore le Grand Israël).

Ce qu'il faut retenir 

Représenter ce conflit comme une simple querelle religieuse est donc inexact, même s'il est indéniable que l'endoctrinement takfiriste a joué un rôle prépondérant dans la naissance de ce conflit.

Voir en ce conflit un soulèvement populaire contre un dictateur sanguinaire est également inexact.

S'il est vrai que la répression menée par le gouvernement syrien contre les révoltes colorées menées par des takfiristes était violente, le mythe entretenu par nos médias selon lequel il aurait gazé son propre peuple est LE médiamensonge de ce conflit, comme les couveuses renversées au Koweït, la fiole de poudre à lessive pour l'Irak.

Il convient donc de replacer ce conflit dans un contexte plus global, en gardant à l'esprit 

Le besoin des États-Unis de garder la face après les déconvenues diplomatiques qui les ont opposés à la Russie, coûte que coûte.

C'est leur rôle de gendarme du monde qui est en jeu  la Russie est parvenue à déjouer les plans étasuniens en luttant efficacement contre tous les groupes terroristes qui ont coûté un bras à l'Oncle Sam.

Si la Russie avait fait de même en Irak en 2003, Daech ne serait probablement jamais né.

Mais à l'époque, la Russie n'était pas dans les conditions de lutter efficacement contre la propagande atlantiste.

L'état de grâce actuel de la Russie, dont certains médias ont véritablement conquis une part de marché énorme dans l'information occidentale (Russia Today, Sputnik), au point de nuire sévèrement au discours officiel distillé par les médias de masse habituels.

Cette popularité de la Russie et l'espèce d'aura qui entoure Mr. Poutine ont mis à mal le monopole atlantiste sur l'information.

La destruction progressive de tous les États forts à proximité d'Israël, seul pays non touché par cette vague de terrorisme takfiriste dans la région.

L'isolement de la Turquie après le putsch manqué, qui avait fait suite à un rapprochement entre Moscou et Ankara.

La Turquie a débuté ce conflit en favorisant le passage de terroristes vers la Syrie dans le but de destituer Mr. Assad.

L'épisode du jet russe abattu par la Turquie aurait véritablement pu faire s'embraser le conflit à plus grande échelle, mais au lieu de cela, Erdogan et Mr. Poutine se sont rapprochés.

La Turquie a lancé plusieurs opérations militaires dans le nord de la Syrie pour nettoyer la frontière des éléments les plus incontrôlables.

Reste à voir quelle position la Turquie va adopter vis-à-vis de la Syrie prochainement.

Ceux qui contrôlent le nord sont des rebelles « modérés », comme Al-Nosra et Daech.

Ce territoire appartient à la Syrie, et sera tôt ou tard en proie à des combats entre l'armée syrienne et les soi-disant modérés.

La crise migratoire massive qui touche notamment l'Europe, suite à la destruction des pays concernés par les printemps arabes.

Une crise migratoire qui profite à certains, et provoque à son tour des tensions interculturelles importantes dans les pays européens.

Un peu comme si un savant fou avait subitement mélangé plusieurs substances instables dans le but de produire un conflit de civilisations à grande échelle ...🇸🇾 - 🇷🇺

" Caroline Galacteros."