Nations unies : la métamorphose des cloportes

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Obama aura réussi une chose : la réalisation de l’insignifiance de l’ONU.

L’année 2017 marquera-t-elle la fin des « printemps » et le retour à la realpolitik des empires ? À voir l’hyperactive panique de la classe politique mondialiste, on pourrait le croire. Les narcissiques présidents Obama et Hollande, effondrés par une victoire de Trump qui a détruit trente ans de travail mondialiste, et surtout terrifiés par la rapidité avec laquelle ce dernier a chaussé les souliers présidentiels, en sont réduits à laisser leur marque… post-mortem.

Avec une cible : Benyamin Netanyahou, le Trump israélien. Il aura suffi que Trump signale son projet de transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem pour qu’un lapin sorte du chapeau des Nations unies : la résolution 2334, passée sans veto américain, qui rend illégitimes les colonisations israéliennes à l’extérieur des frontières de 1967, avant la guerre des Six Jours.

Pour l’ancien ambassadeur à l’ONU John Bolton, néocon rallié à Trump,

« c’est le reniement de cinquante années de politique américaine bipartisane, qui remontent à l’emblématique résolution 242 de 1967… désormais, il n’y a plus [pour Israël] de territoires à négocier… Obama fait immensément pencher la balance en défaveur d’Israël. »

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Et Bolton d’ajouter : « Contrairement à ce qu’Obama dit, c’est la fin de la “solution des deux États”… qui fondamentalement ne peut marcher » (Newsmax, 28 décembre).

Réaction viscérale de la communauté juive… sur Jérusalem. La partie est de la ville (dite « le quartier juif ») avait été occupée par la légion arabe lors de la guerre de 1948, sa population expulsée. La « reconquête » de 1967 est désormais nulle et non avenue. Et la fureur des juifs se reporte sur le président Obama, que Bolton qualifie de « négateur de l’exceptionnalité juive autant qu’américaine ».

Ce n’est pas tout. Messieurs Obama et Hollande organisent, avec 70 États (mais sans Israël), la conférence de Paris du 15 janvier (cinq jours avant la prestation de serment du président Donald Trump) dont Netanyahou pense qu’elle n’est qu’un artifice pour sortir une nouvelle résolution-balai qui compléterait celle de la semaine dernière (la 2334) pour lier perpétuellement les mains de la nouvelle administration Trump. Du jamais vu…

Ce dernier sursaut, cette métamorphose des perdants, est surtout un acte de foi envers le rôle des « machins » dans le monde, ces cartels de luxe non élus qui déifient les concepts de « communauté internationale » au détriment de la souveraineté… et de la paix. Problème : la tribu des Trump, Netanyahou, Poutine, Farage, Orban, Erdoğan, Xi Jinping, Rohani, etc., se multiplie sur la planète, gérant leurs problèmes directement, sans les vizirs du mondialisme. Et John Kerry devra remettre sa « solution » israélo-palestinienne dans sa poche… et regretter que l’Empire ottoman ou l’Empire perse ne soient plus là pour gérer les États fantoches du Moyen-Orient, non viables autant qu’invivables.

Obama aura réussi une chose : la réalisation de l’insignifiance de l’ONU. Comme de son coût : les contribuables américains paient annuellement environ 8 milliards de dollars (environ 23 % du budget total) pour un bout de fromage international dont les coûts de fonctionnement dépassent de 30 % ceux d’une bureaucratie gouvernementale équivalente (source : Fox News).

Il serait temps que Trump transforme l’ONU en appartements de luxe…

André Archimbaud

http://www.bvoltaire.fr/andrearchimbaud/nations-unies-la-metamorphose-des-cloportes,302770