Primaire à gauche : Hamon durement attaqué sur la laïcité

Dans la dernière ligne droite de la primaire, Manuel Valls, en difficulté face à Benoît Hamon, a décidé de taper fort pour combler son retard. Lui et son camp pointent en particulier "les ambiguïtés" du député des Yvelines sur la laïcité.

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Benoît Hamon rappelle que lui aussi "combat le communautarisme". - Jean-Marc Haedrich/SIPA

Il doit commencer à s'habituer à la condition de cible vivante. Déjà, lors du troisième débat de la primaire de la "Belle Alliance Populaire" (BAP), Benoît Hamon avait essuyé un feu nourri de ses "camarades" - à l'exception de Jean-Luc Bennahmias - sur sa proposition de revenu universel.

Bis repetita cette semaine, mais sur un autre sujet. Dans la dernière ligne droite avant le second tour ce dimanche 29 janvier, le député des Yvelines se voit désormais attaquer dans son rapport à la laïcité. François de Rugy, ex-candidat à la primaire de la BAP où il a recueilli un peu moins de 4% des voix au premier tour, a ouvert le feu ce mardi 24 janvier sur Franceinfo en pointant ses "ambiguïtés avec la laïcité". Ce qui lui a fait dire qu'il ne pouvait voter pour lui.

En difficulté, Manuel Valls muscle ses attaques

Sur la même antenne, quelques minutes plus tard, c'est au tour de Manuel Valls de décocher ses flèches. L'ancien Premier ministre, en ballotage défavorable face à Hamon, a en effet décidé de muscler ses attaques : 

"Il y a des ambiguïtés, il y a des risques d'accommodement de sa part. C'est l'un des débats que nous avons à gauche".

Un argument de campagne qu'il n'hésitera pas à mettre en scène ce mercredi soir, lors du dernier débat avant le vote final, comme il l'annonce déjà. S'il promet de le faire "de manière amicale, souriante et claire", Valls prévient que "ce débat devra être précisé (...) Il ne peut pas y avoir le moindre compromis avec les communautarismes et avec ces pratiques qui concernent les femmes", concluant que"se joue là aussi une certaine conception de la République et de la société".  

Une critique récurrente chez les vallsistes à l'encontre de Benoît Hamon. Ainsi, comme le relève Libération, l'ancien chef de cabinet de Manuel Valls, Sébastien Gros, va jusqu'à écrire sur sa page Facebook que "maintenant, il faut faire le choix entre les valeurs républicaines et le communautarisme". Toujours selon le quotidien, un ministre a même osé souffler que "Hamon est le candidat des Frères musulmans". 

Hamon affirme que "confronté au communautarisme", il le combat

Des tirs auxquelles Benoît Hamon a répondu très tranquillement ce mardi sur RFI. Remarquant "qu'il va bientôt y avoir contre (lui) des mots plus durs qu’envers la droite" et demandant donc à "Manuel Valls et ses amis un peu de sobriété", il a dénoncé un faux procès : 

"On me fait le procès d'être élu de banlieue, confronté au communautarisme, que je combats, autrement que par des mots."

Une référence à sa ville de Trappes, où Marianne est allé enquêter (à retrouver ici).

En guise de contre-attaque, Benoît Hamon rappelle un épisode fâcheux pour son adversaire : "J'observe que c'est le Conseil d'Etat qui a rappelé à Manuel Valls ce qu'est la laïcité en France".  Cet été Manuel Valls, alors encore Premier ministre, avait en effet apporté son soutien aux maires - en majorité de droite - qui avaient pris des arrêtés anti-burkini. Or le Conseil d'Etat les avait suspendus par la suite, estimant qu'ils avaient "porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle." Suite du débat, ce mercredi soir sur TF1 et France 2.