Hamon-Mélenchon : la mascarade (par Eric Zemmour)

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Après avoir exécuté Emmanuel Macron mardi (voir ce précédent article), Eric Zemmour s’en prend ce jeudi aux frères ennemis du socialisme à l’agonie : Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon qui nous ont offert le spectacle affligeant de la mascarade de leurs « tentatives-bidons » de se rapprocher :

Yves Calvi : Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon n’ont pas pu trouver un accord …

Eric Zemmour : Le jeu est fini ! Le jeu de rôle, le jeu de dupes, le jeu de trompe-couillons ! Le jeu d’Hamon et Mélenchon ! Le jeu du « plus unitaire que moi tu  meures ! » Le jeu du mistigri de la division, le jeu la main sur le coeur, le jeu des regards humides, le jeu des grands souvenirs … Le jeu des lettres qu’on s’envoie et qu’on ne lit pas, le jeu des appels téléphoniques qu’on ne prend pas … Le jeu des négociations-bidons !

Le jeu parodique de la réhabilitation du programme commun de l’union de la gauche sauf qu’il n’y a plus de programme commun et qu’il n’y a plus d’union de la gauche ! Hamon et Mélenchon connaissent les rôles de Georges Marchais et de François Mitterrand sur le bout des doigts mais le public a quitté la salle depuis longtemps ! Ni Hamon, ni Mélenchon n’avait jamais eu l’intention de retirer sa candidature ! Ni Hamon, ni Mélenchon n’a jamais cru, un seul instant, que l’autre se retirerait à son profit.

Ces jeux tactiques font partie des poisons et délices de la gauche française … Enfin, poisons plus que délices qui cachent derrière le rideau, des habiletés, des vanités, la réalité d’une discorde fondamentale qui s’appelle l’Europe ! Les deux gauches irréconciliables, comme disait Manuel Valls, le sont de plus en plus, et la frontière entre elles se situe quelque part entre Bruxelles et Berlin

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Relance d’Yves Calvi : Alors du coup, Eric, pourquoi ce désaccord sur l’Europe ?

Eric Zemmour : Jean-Luc Mélenchon, lui, a tiré un trait sur ses illusions passées. L’échec des Grecs, de Syriza, lui a décillé les yeux. Il a compris qu’il n’y avait pas de salut dans la zone euro. Si on veut s’émanciper de l’ordo-libéralisme allemand, il faut sortir de l’euro ! Benoit Hamon, lui, croit, ou plutôt veut faire croire qu’il est toujours possible de renoncer aux politiques définies à Bruxelles sans casser la zone euro. Il nous parle d’alliance avec les pays du sud, pour contraindre l’Allemagne et le nord de l’Europe. Il laisse miroiter un entente avec le SPD. Bref, il nous refait le coup de Hollande en 2012, qui, lui-même refaisait le coup de Jospin en 97, qui, lui-même, avait pris ses leçons chez François Mitterrand ! Mais cette embrouille de campagne électorale s’achève quelques semaines après l’élection, dans le bureau de la Chancelière à Berlin, quand le patron de la gauche française, s’incline, penaud, devant un Nein définitif !

Entre Hamon et Mélenchon, la divergence sur l’Europe est la mère de tous les désaccords.

  • Même converti à l’écologie, Mélenchon est resté un colbertisme industrialiste, quand Hamon croit que les robots vont tout remplacer.
  • Mélenchon dénonce les travailleurs détachés, venus de tout le continent, quand Hamon dénonce, lui, les frontières !
  • Hamon est pour la légalisation du cannabis; Mélenchon est farouchement contre !
  • Mélenchon reste un laïc à l’ancienne, à la française, quand Hamon s’est converti, dans sa ville de Trappes, aux accommodements raisonnables avec l’islam. A l’issue des primaires socialistes, sur les réseaux sociaux et sur le terrain, les Frères musulmans se sont réjouis bruyamment de sa victoire contre Manuel Valls.

Mélenchon et Hamon n’ont plus les mêmes électorats, ne sont plus du même monde, plus de la même gauche, plus de la même France. Mais on se demande, à les voir jouer à l’antique jeu de l’union de la gauche, s’ils s’en sont aperçus !

Eric Zemmour pour RTL