La privatisation partielle en avril 2015 de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, dont 49,99 % des parts ont été cédées au groupe chinois Casil Europe, pour 308 millions d'euros, constitue-t-elle un excès de pouvoir du ministre de l'Économie de l'époque, un certain Emmanuel Macron ?

Publié le 28/02/2017 à 03:52, Mis à jour le 28/02/2017 à 07:43

Privatisation de l'aéroport : Macron dans le viseur

Aéroport Toulouse Blagnac - Tribunal administratif

Christophe Léguevaques,

La privatisation partielle en avril 2015 de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, dont 49,99 % des parts ont été cédées au groupe chinois Casil Europe, pour 308 millions d'euros, constitue-t-elle un excès de pouvoir du ministre de l'Économie de l'époque, un certain Emmanuel Macron ? C'est en substance l'argument qu'a plaidé une nouvelle fois, hier matin, l'avocat toulousain Christophe Léguevaques, devant le tribunal administratif de Paris, au nom du collectif unitaire contre la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac présidé par Chantal Beer-Demander. «Après plusieurs rebondissements, la justice administrative a enfin estimé en début d'année que l'affaire pouvait être jugée, explique Me Lèguevaques. Et notre demande n'a pas changé, nous voulons obtenir la nullité de la vente réalisée». Une requête qui est mal partie. Le rapporteur public a conclu, lors de l'audience, au rejet de la procédure. Et dans la plupart des cas, son avis est déterminant. Ce qui n'empêche pas Me Lèguevaques de rester optimiste. «Je lui ai fait remarquer que certaines de ses analyses ne sont pas exactes, souligne-t-il. Le rapporteur refuse notamment de voir un lien entre la privatisation et les problèmes environnementaux et de santé publique. Or le triplement du trafic et de la fréquentation de l'aéroport, qui sont prévus, aura évidemment un impact sur le quotidien des populations survolées et ignorées». L'avocat tient aussi à ce que soient enfin levés les doutes sur le pacte d'actionnaires, alors que la commission d'accès aux documents administratifs, a ordonné sa communication. Une résistance suspecte pour l'avocat, qui subodore que l'État s'est engagé à voter comme l'actionnaire chinois pendant 12 ans, renonçant à toute indépendance. Les juges rendront leur arrêt dans 15 jours.

Gilles-R. Souillés

http://www.ladepeche.fr/article/2017/02/28/2525795-privatisation-de-l-aeroport-macron-dans-le-viseur.html